L’Essaillon
« Entre la Tourre et lou Crapoun,
Ia moun païs, qu’ei Sederoun »
Alfred Bonnefoy-Debaïs

Etudier, préserver et faire connaître le Patrimoine Historique, Naturel et Culturel de Séderon et de sa Région

Le Mesclun du Trepoun
Article mis en ligne le 3 janvier 2018

par ESSAILLON
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Rubrique ouverte à toutes et à tous, lorsque vous voulez parler en quelques lignes de sujets qui vous intéressent, faire part de vos commentaires sur des articles précédemment parus, ajouter des précisions, des contradictions…
tout est permis, ou presque…

 Les vitraux de l’église et le bombardement [Lucien Ghisalberti]

Quand ils ont (mon père et André Seurre) installés les vitraux, initialement, ils avaient mis des barres de fer en travers pour les soutenir. Mon père avait creusé profond pour qu’elles tiennent bien, et quand Seurre lui avait dit « mais tu es fada de creuser tant ! », il avait répondu « on verra bien, celui qui les défera ce sera certainement pas moi ».
Mais l’année d’après, en août 1944, il y eut le bombardement. Les vitraux subirent des dommages et, pour les réparer, il fallut bien les désinstaller. C’est Seurre lui-même qui effectua la restauration, toujours aidé par mon père. Alors Seurre se moquait de lui et lui disait « allez tape, tape » pendant qu’il démontait les barres tellement bien enfoncées.
Il avait fallu qu’ils fassent un petit échafaudage pour monter. Ce n’était pas les échafaudages de maintenant : ils perçaient des trous dans les murs, y enfonçaient des barres attachées à un poteau qui montait et ils posaient les tréteaux dessus…
Et quand c’était fini, il fallait démonter et reboucher les trous.

Raymond Ghisalberti
photo prise au début des années 30.
© Essaillon

 Le déneigement dans les années 1940 [Josette Brunet]

J’avais 11 ans et j’habitais Séderon. Sur la place d’en haut du village, vers la Poste (actuellement maison Boyer), j’ai souvenir que nous, les gosses, nous étions à regarder un grand traîneau en forme de triangle construit solidement en bois, attelé de quatre bêtes de trait, deux chevaux et deux mulets pour le devant du traîneau. Et je revois le père Blanchet, cantonnier, avec sa veste de peau de bique, qui tenait les guides de deux autres mulets attachés à l’arrière, c’était pour le renfort au démarrage de ce grand traîneau qui allait ouvrir la trace du col de Macuègne.
Le traîneau appartenait à la commune de Barret-de-Lioure, et c’était pour l’époque le plus grand du canton. Je ne sais à qui appartenaient les bêtes de l’équipage, ni combien de cantonniers suivaient l’attelage à ce moment-là.
En 1940, il y a eu de grosses tombées de neige. Les bourrelets de neige que le traîneau poussait sur les côtés de la route, faisaient un long couloir, une galerie que des personnes ont mesurée à plus d’un mètre de hauteur.

 « Alfred Bonnefoy-Debaïs, Felibre de Séderon »

Notre livre, édité l’an dernier, a été remarqué la plus haute instance du Félibrige !
Le Consistoire, qui est en quelque sorte « l’Académie du Félibrige », a décerné une lettre de félicitations à Jean-Claude Rixte :
« Lou Counsistòri dóu Felibrige, acampa en vilo d’Aigo-Morto lou 7 de jun 2014, a tambèn atribuï uno Letro de Felicitacioun :
à Segne Jan-Glaude Rixte de Taulignan pèr la publicacioun l’an passa de la biougrafìo e dis obro en prouvençau dóu Felibre Alfred Bonnefoy-Debais (felibre de Séderon) »
[13 juin 2014 – article sur le site du « Felibrige »]
Nous en sommes très heureux, et très fiers, car ces félicitations rejaillissent sur l’ensemble des participants au travail de réalisation du livre.

Profitons-en pour dévoiler que, depuis cette publication, de nouveaux écrits de Bonnefoy-Debaïs ont été retrouvés : des poèmes, bien sûr, mais aussi une correspondance importante avec les plus célèbres félibres, tout particulièrement celle adressée à Frédéric Mistral.
Un second volume en perspective !

 Publicité de pharmacien

« Pichot Secrèt – Escoutas, que vous parle a l’auriho, bèn d’aise, bèn d’aise. Es un secrèt, qu’ai à vous dire. N’en dirès ren en res, parai ? e n’en farès voste proufie.
Lou « NIGENOL », meravihouso soulucioun coumpausado emè gaubi pèr Jóusè BARRAL, abouticàri à Mount-Brun-li-Ban (Droumo), fai disparèisse radicalamen e sènso lou mendre desfèci, li TACO DE ROUSSOUR, que s’apellon en vertadié prouvençau, aquéli que n’en soun clafido, de lentihouso. Aquèu remèdi a fa déjà si provo, e de femo de 50 à 60 an – me dirès qu’à n-aquel age fasien pas acò pèr mai vougué agrada – mai, basto, vous dise qu’au bout de sèt à vuech aplicacioun, aquéli femo de 50 à 60 an se soun visto un visage blanc coume nèu e neteja de tout soun lentihage. Vous demande se dessus ’n mourrihoun de 16 à 20 an, qu’acò ’s tèndre coume un agneu de la, lou remedi a lèu fa soun efèt !
Malurousamen, lou Nigenol a un defaut, pas gros, se voulès, mai, enfin, n’es un : Costo trop, e tóuti li bourso podon pas se lou paga. Lou flasquet es vendu 10 franc, e es manda francò sus demando adreissado à M. J. BARRAL, à Mount-Brun-li-Ban (Droumo).
Ah ! siéu bèn segur que voudrias pas pèr 10 franc emai pèr cent agué pas couneigu aquéu sant ome de moussu Barral, quand vous espincharès dins lou mirau, cinq o sièis jour après que l’aurès esprouva !
 »*

© Essaillon

© Essaillon

« Petit Secret – Prêtez l’oreille, c’est un secret que je vais vous chuchoter. Ne le répétez pas et faites-en votre profit.
Le « Nigenol », merveilleuse solution élaborée avec soin par Joseph Barral, apothicaire à Montbrun, fait disparaître radicalement et sans le moindre échec les taches de rousseur que l’on appelle en vrai provençal des lentihouso (lentilles). Ce remède a déjà fait ses preuves, et des femmes de 50 ou 60 ans ont retrouvé un visage blanc comme neige où les taches avaient disparu. Pensez si sur une frimousse de 16 à 20 ans, tendre comme un agneau de lait, le remède produit vite son effet !
Malheureusement le « Nigenol » a un défaut, pas bien gros, mais enfin il en a un : il coûte trop cher, et toutes les bourses ne peuvent se l’offrir. Le flacon est vendu 10 francs, et est envoyé franco sur demande adressée à M. J. Barral, à Montbrun-les-Bains (Drôme).
Ah je suis bien certain que vous ne voudriez pas, pour 10 francs, et même pour 100, ne pas avoir connu ce saint homme de monsieur Barral quand vous vous regarderez dans votre miroir cinq ou six jours après l’avoir essayé !
 »
Cette réclame a paru en 1910 dans une revue mensuelle entièrement rédigée en provençal, « Lou Gau ».
Joseph Barral, le pharmacien de Montbrun, y faisait régulièrement sa publicité.

Voici deux autres encarts, où il vantait ses spécialités :

© Essaillon


© Essaillon

 Mais où se trouvait l’église de Saint Baudille ? [Pierre Mathonnet]

L’église de Saint-Baudille est sans doute un des monuments les plus emblématiques et les plus anciens de Séderon. Si elle est citée dans de nombreux documents, aucun n’a pu être retrouvé qui donne sa position exacte. D’autant plus qu’elle a été détruite pendant les guerres de religion du XVIème siècle (un document de 1640 la décrit encore comme une « vieille masure »). Les quelques lignes qui suivent sont une tentative documentaire pour situer la position du bâtiment de l’église de Saint-Baudille.
Le bâtiment s’élevait bien sûr dans le vallon de Saint-Baudille et très certainement en bordure du chemin du Deffend qui à l’époque conduisait de Séderon aux Omergues en passant par le hameau de la Goure (quand l’église était encore existante, ce chemin était appelé « chemin de Saint Baudille »).
Un renseignement plus précis sur la position du bâtiment peut être tiré du document de 1640 qui précise qu’une terre appelée « terre de la vicairie » est « contre » les ruines du bâtiment. En effet la « terre de la vicairie » est sans aucun doute un bien foncier que la paroisse de Séderon (qualifiée à l’époque de « vicairie » car desservie par le vicaire d’un prieur) conservera jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. La terre est vendue aux enchères à la Révolution avec les autres biens du clergé et le nom des acquéreurs figure certainement dans la matrice du premier plan cadastral de Séderon établi sous le Premier Empire.
La « terre de la vicairie » (appelée lors de la vente « terre du prieur » et estimée à environ 2 hectares) est acquise par le Séderonnais Louis Brachet qui, dans les jours qui suivent, en revend une partie au Séderonnais Jean Pellat. Le fils de ce dernier, Joseph, est enregistré dans la matrice comme propriétaire des parcelles G498 à G501 de la section du Deffend (pour une superficie totale de 0,5 hectares). Les parcelles voisines (G496 et G497 d’une superficie totale de 2,4 hectares et formant avec les précédentes un ensemble foncier cohérent) sont la propriété du Séderonnais Joseph Reynaud-Lacroze, curé de Lachau, qui manifestement s’est rendu propriétaire de l’autre partie de la « terre de la vicairie » (son neveu Antoine Reynaud-Lacroze et Louis Brachet ont été les deux seuls enchérisseurs).
Il est donc fort probable que l’église de Saint-Baudille se situait à la droite du chemin du Deffend en allant à la Goure, sur la portion qui longe, en dessous le quartier du Bosquet, les parcelles G496 à G501, c’est à dire sur une portion d’environ 160 mètres de longueur, débutant à environ 160 mètres de l’actuel banc du Deffend. A remarquer qu’à la moitié de cette portion débouche le chemin allant anciennement aux hameaux des Routelles et de Fressinières dont les habitants, avec ceux du hameau de la Goure et du quartier de Fontcolombe, devaient fréquenter l’église de Saint-Baudille.
Cette tentative pour situer l’église de Saint-Baudille n’est qu’approximative. Son premier objectif est de susciter des commentaires de la part des lecteurs du Trepoun. Elle pourrait, dans un deuxième temps, être poursuivie (pour conformation ou infirmation) par une recherche plus précise sur le terrain. À environ 180 mètres du banc du Deffend, se trouve un terre-plein où des gravats ont été déversés, qui pourrait bien constituer le socle de l’ancienne église de Saint Baudille.

La position supposée de l’église de Saint Baudille
est donnée sur la figure jointe, reproduction d’une
partie de la carte IGN 3240 Ouest au 1/25000.
Elle est repérée par un pentagone vert.
Le banc du Deffend est repéré par un rectangle
vert, les parcelles G 496 à 501 par le contour blanc.
© Essaillon

 La Croix de Mission de 1873

Lorsqu’il a acheté le bâtiment de l’ancien « patronage », Rodolphe Remia ne s’est pas rendu compte immédiatement qu’il était aussi devenu propriétaire de la Croix de Mission de 1873 érigée en bordure de la rue.
Durant l’été, notre loueur de gîtes a donné un joli coup de peinture à la pièce que la rouille menaçait ; la dernière restauration datait de 1986, comme nous l’indique une petite coupure du journal « Contacts ».
La photo de couverture du Trepoun témoigne que la Croix est redevenue resplendissante !
Quel dommage qu’un poteau d’éclairage public gâche un peu la vue (voir l’autre photo, en page 4 de couverture).

© Essaillon


© Essaillon


Croix de Mission et poteau
© Essaillon
[fin du Mesclun]

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