L’Essaillon
Séderon, en Drôme provençale
« Entre la Tourre et lou Crapoun,
Ia moun païs, qu’ei Sederoun »
Alfred Bonnefoy-Debaïs

Etudier, préserver et faire connaître le Patrimoine Historique, Naturel et Culturel de Séderon et de sa Région

Lou Trepoun 37
Le Courrier
Article mis en ligne le 5 octobre 2013
Paru dans notre revue : décembre 2004
dernière modification le 13 décembre 2014
par DELSART-MICHEL Paule
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Pour la préparation de l’exposition d’août 2005 (qui fêtera aussi les 20 ans de l’association) et dont le thème retenu, sur proposition de Madame Paule DELSART, est « LE COURRIER », nous recherchons tout document ancien, carte postale ou enveloppe avec le tampon de la poste de Séderon ; tout témoignage sur la poste elle-même et/ou sur les facteurs que vous avez connus sont les bienvenus.
LE COURRIER

De tout temps les hommes ont éprouvé le besoin de communiquer. Ils ont déployé des trésors d’imagination, d’ingéniosité, de volonté et ténacité pour arriver à leurs fins.

Ils ont inventé de nombreux outils, des appareils de plus en plus performants et sophistiqués, des véhicules de transport les plus divers.

Ainsi pour transporter le courrier d’une localité à une autre, on a longtemps utilisé l’homme à pied et l’homme avec son cheval avec le célèbre réseau des relais de poste.

Ainsi pour transporter le courrier d’une localité à une autre, on a longtemps utilisé l’homme à pied et l’homme avec son cheval avec le célèbre réseau des relais de poste. Cette possibilité de communication est d’abord réservée à La poste royale, à La poste des universités, des seigneurs et des ecclésiastiques. Peu à peu, les bourgeois peuvent en profiter moyennant finances. Puis Henri III met la poste d’état à la disposition des particuliers en 1598. Les relais de poste se multiplient.

Au 18e siècle, les malles-poste apparaissent et roulent à grande allure sur nos routes pavées.

Au 19e siècle, la transmission du courrier est très liée aux découvertes et améliorations techniques. Aussi, les moyens utilisés jusqu’à présent vont disparaître devant l’apparition de la locomotive à vapeur.

Dés 1837, les lettres et dépêches sont envoyées gratuitement de ville en ville sur toute l’étendue du chemin de fer et peu à peu le train se substitue à la malle-poste, les relais de poste sont supprimés ainsi que de nombreuses routes ou « Lignes »

Les régions encore dépourvues de Chemin de fer sont alors desservies par des « courriers d’entreprise » afin de lutter contre l’isolement des campagnes.

C’est ainsi qu’à Séderon, plusieurs entrepreneurs de transport assurent la transmission du courrier, d’une ville desservie par le chemin de fer jusque dans nos campagnes. Ils ramassent les sacs de dépêches à la poste du coin et en déposent d’autres. Un chassé-croisé d’arrivée et départ du courrier, scellé dans des sacs de jute, les sacs postaux, se déroule ainsi chaque jour dans tous nos villages.

Mon grand-père Paulin MICHEL desservait la ligne de « Séderon, Eygalayes, Lachau, Salérans, Barret-le-Bas, Châteauneuf, Laragne. » « Laragne Châteauneuf, Ribiers, Sisteron ». Il céda par la suite à chacun de ses enfants, mon père et mon oncle, une partie de ce circuit, de cette ligne. Il conduisait, à l’époque, une diligence, tirée par des chevaux. Il faisait étape à Séderon où ses chevaux se reposaient dans la remise de l’hôtel Bonnefoy. Puis, à la suite d’un dérapage dans les gorges de La Méouge qui entraîna chevaux et diligence dans la rivière, il fit l’acquisition, aux alentours de 1920 d’un autobus Peugeot, répondant à des normes très strictes, qui remplaça définitivement la diligence.

L’entrepreneur appelé « le courrier » de Sisteron, du Buis, de Laragne, de Montbrun, devait fournir un véhicule répondant aux spécifications d’un cahier des charges très exigeant. Il devait pourvoir à tous les frais de traction, réparations, entretiens et recevait pour rémunération un prix kilométrique forfaitaire. Le véhicule devait être pourvu d’un coffre à dépêches, robuste étanche et fermant à clé. Il devait adapter une boîte aux lettres mobile facilement accessible au public et à portée de vue du conducteur.

Les voyageurs, contre rétribution, étaient admis dans ce véhicule aux arrêts fixes et à certains arrêts facultatifs situés à proximité des habitations isolées ou sur simple demande des voyageurs. Le conducteur se chargeait également des commissions de toute nature que n’importe quel habitant pouvait lui demander.

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Le Courrier

Sur une route cahotante creusée à flanc de rochers,
Glissait un véhicule étrange qui transportait le courrier.
I1 passait à l’heure dite sans faillir, sans déroger,
D’un point à l’autre de la ligne, au top de sa montre de gousset.
Il savait sur simple demande, satisfaire les usagers
Exécuter les commandes,
Installer les passagers qui s’en allaient à la ville
Prendre le train pour s’évader vers des horizons moins hostiles,
Vers les mirages des cités.
A travers fermes et campagnes il déposait les sacs postaux
Et repartait entre montagnes avec d’autres sacs sur le dos.
Nul ne savait ce que la toile de sa besace contenait,
Un cachet de cire inviolable en préservait les doux secrets.
Il avait adopté la devise des grandes lignes de courrier :
Assiduité, ponctualité, toute l’année, au beau fixe des jours d’été
Et dans le froid et la bise sur la glace des routes gelées.
De ce temps il nous reste l’image qui nous conduit dans les lacets
De ce périple d’un autre âge, le long de l’étroite vallée.

Paule DELSART
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