L’Essaillon
Séderon, en Drôme provençale
« Entre la Tourre et lou Crapoun,
Ia moun païs, qu’ei Sederoun »
Alfred Bonnefoy-Debaïs

Etudier, préserver et faire connaître le Patrimoine Historique, Naturel et Culturel de Séderon et de sa Région

Lou Trepoun 19 bis
L’école à Séderon et dans le canton du XVIIe à nos jours
Article mis en ligne le 25 octobre 2013
Paru dans notre revue : août 1995
dernière modification le 13 décembre 2014
par DELHOMME René
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Présenter René DELHOMME aux Séderonnais est évidemment inutile. Mais nous sommes persuadés que son travail, auquel il a consacré beaucoup de temps, sera lu et apprécié par un public plus large, intéressé par l’histoire de l’école d’autrefois.

Président d’honneur de l’Association Historique et Culturelle l’Essaillon, il était le plus qualifié d’entre nous pour présenter une étude sur l’école dans le canton de Séderon dans le cadre de notre exposition « l’Ecole Autrefois » en août 1993.

En effet, M.DELHOMME, né le 21 septembre 1910 à Séderon dans une famille d’enseignants, a commencé ses études dans les classes de ses parents puis les a poursuivies à Buis-les-Baronnies avant d’entrer en 1928 à l’Ecole Normale d’Instituteurs de Valence.

Nommé instituteur à Montguers à sa sortie de l’Ecole Normale en 1931 il n’y est resté que quelques jours avant de partir effectuer son service militaire.

Démobilisé, il est nommé « Directeur d’Ecole Publique Elémentaire à deux classes » à Séderon où il a exercé d’octobre 1932 à septembre 1965, date à laquelle il a pris sa retraite.

Avec son épouse qui a fait également l’essentiel de sa carrière d’institutrice à Séderon, il poursuit une retraite active dans le village qui l’a vu naître, dont il a enseigné la majorité des habitants et pour l’histoire duquel il est un témoin privilégié.

Quelques exemplaires de la version manuscrite de son travail avaient été édités après l’exposition et cette nouvelle édition, promise à l’époque, est due au travail d’Isabelle MOULIS, petite fille de René DELHOMME, qui en a effectué la frappe. Nous l’en remercions.

A.M. BARRAS,
Présidente de l’Essaillon
L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE
 
DANS LES COMMUNES DU CANTON DE SEDERON

 1. AVANT LA REVOLUTION

Dans cette étude, de nombreux renseignements sont empruntés à deux bulletins :

  • L’instruction primaire avant 1789 dans l’arrondissement de Nyons par F. Fontanille (1883),
  • Bulletin de l’Instruction primaire : Ecoles du canton de Séderon avant 1790 (1882).

Un souvenir scolaire nous revient aisément lorsque l’on pense à Charlemagne (768-814) visitant une école installée dans son propre palais, s’intéressant lui-même aux travaux et aux progrès des élèves, adressant de sévères reproches aux jeunes nobles qui manquaient de sérieux dans leurs études et promettant par contre des récompenses aux élèves moins fortunés mais plus studieux.

Charlemagne, bien que peu instruit, attachait de l’importance à l’instruction. Des écoles furent ouvertes dans les monastères et les cathédrales et même des écoles populaires dans certains villages.

Mais lors des invasions barbares, tout ce qui avait été créé sous la domination romaine fut anéanti : agglomérations, villas, monuments, couvents et églises dévastés, terres abandonnées et pendant quatre ou cinq siècles, l’instruction fut réduite à néant et l’ignorance devint générale.

Nous ne possédons rien sur cette longue période de l’histoire pouvant intéresser le canton de Séderon au point de vue enseignement et il faut attendre le XVIème siècle et surtout le XVIIème siècle pour que les archives les plus anciennes nous donnent quelques renseignements précis.

Dans une étude faite en 1883 « L’instruction primaire avant 1789 dans l’arrondissement de Nyons », F. Fontanille nous apprend que la plus ancienne école relevée dans les archives municipales est celle de Buis-les-Baronnies, existant en 1435, donc avant l’invention de l’imprimerie (vers 1450). Le recteur en était Bernard de Fonte (ou de la Font).

On crut pendant longtemps que les écoles primaires n’existaient pas avant la Révolution de 1789. Or l’Inventaire des archives départementales dressé par André Lacroix nous signale que les nombreuses communes de l’Arrondissement de Nyons possédaient une école généralement tenue par les « Frères des Ecoles chrétiennes » pour les garçons et par les religieuses pour les écoles de filles.

— Nomination —

« … Le précepteur sera élu par l’archevêque ou évêque du lieu, appelés les chanoines de leur église et le maire, échevins conseillers ou capitouls de la ville. » (Edit de Charles IX, états d’Orléans, 1560).

« … Les maîtres des écoles des petites villes seront approuvés par les curés. » (Ordonnance de 1606)

« Les maîtres d’école seront établis par les curés et inspectés par les évêques. » (Ordonnance de 1691)

Tels sont, en résumé, les principaux documents législatifs antérieurs à 1789, sur la nomination des maîtres d’école.

D’après ces ordonnances, le choix des maîtres appartenait au clergé.

Cependant, dans le canton de Séderon, des régents des écoles sont nommés par les municipalités sans intervention du clergé dans les communes suivantes :

  • Lachau 1622,
  • Laborel 1658,
  • Montbrun et Mévouillon 1666,
  • Eygalayes 1699,

mais le clergé intervint dans les nominations aux dates suivantes :

  • 1652 pour Lachau,
  • 1740 pour Eygalayes,
  • 1753 pour Montauban.

Les Consuls étaient alors chargés de se procurer eux-mêmes un maître d’école dans les meilleures conditions possibles.

Le « louage » d’un maître était le résultat d’un marchandage.

Exemple 1 : en 1555 le Conseil du Buis réuni délibérait :
« a ista conclus que serchen ung magister per tenis les ecolles et lui dounen guage au melheur marcha que pourren atroubar per ung an et avancen argent. »

La nomination faisait l’objet d’une pache (convention ou contrat) qui était passée entre la commune et un mestre d’école.

Exemple de contrat passé avec les Consuls d’Eygalayes en 1731 :
Le 15 mai 1731, les Consuls d’Eygalayes « baillent la régence des escolles, à Joseph Marcel, fils à feu Daniel de ce lieu, présent et stipulant, à commencer du jourd’hui et finir dans un an, promettant le dit sieur Marcel d’aprandre tous les enfants qui seront envouiez tant à lire qu’à escrire et chiffrer et les mener tous les jours à la sainte messe et este assidu aux escolles ; sera donné au dit sieur Marcel 3 sols par mois les enfants qui aprennent à lire, et 4 sols ceux qui aprennent à chiffrer, et outre et pardessus, les dits sieurs Consuls en vertu des pouvoirs, la somme de 75 livres qui lui seront paiés par mandats et en 4 cartiés et par avance, le premier se fera dès aujourd’hui et les autres, cartié par cartié, aussi par avance, proumettant les parties d’observer la présente, obligent pour raison de ce, ledit Marcel ses biens présents et à venir et lesdits sieurs Consuls ceux de la Communauté suivant les pouvoirs à eux donnés, etc., etc. »

La Convention ci-dessus est écrite de la main de Marcel.

Si les municipalités ne fournissaient pas des maîtres d’écoles, les particuliers se cotisaient et en payaient un qu’ils choisissaient.

Ce fut le cas en 1649 à Sainte Euphémie :
« Du 2e jour du mois de may de l’an 1649 pardevant moy notaire royal a esté convenu entre Jehan Carriès, maître d’école du lieu de Séderon d’une part et sieurs David Bayle, Estienne Nicolas, Nicolas Jehan, Estienne Court et Mathieu Julien, particuliers habitant au lieu de Ste-Euphémie, tous cy présents lesquels de leur gré ont passé la convention qui s’ensuit :
Sçavoir que ledit Carriès sera tenu d’apprendre à lire et escrire et toutes vertus honnêtes les enfants des sus-nommés et tous les autres contenus au rôle qu’en a esté fait et ce durant une année, etc., etc.
Ont signé les sus-nommés. »

Les édits et ordonnances cités précédemment n’étaient donc pas toujours appliqués et toute liberté était laissée aux municipalités.

De nombreux maîtres d’école venaient du Briançonnais (Vallouise, Queyras, Embrunais), région où les hivers très rudes arrêtaient les travaux des champs leur permettant ainsi lorsqu’ils étaient jeunes de fréquenter l’école pendant plus longtemps et de devenir plus instruits.

Devenus adultes, ils pouvaient alors venir proposer leurs services aux Consuls et aux habitants, c’est-à-dire se louer comme enseignants. « C’est ainsi que, pour notre région, à la foire du Buis, vers le 1er novembre, certains candidats se présentaient comme « mestres d’école » pour une période de 6 ou 7 mois. Leur contrat terminé, ils pouvaient repartir à la belle saison pour se livrer dans leur village aux travaux des champs.

Une plume au chapeau signifiait qu’ils savaient lire, deux plumes qu’ils étaient aptes à enseigner la lecture et l’écriture, trois plumes qu’ils pouvaient apprendre à lire, écrire et compter.

Naturellement, leur rétribution variait selon le nombre de disciplines enseignées et les candidats devaient montrer comme titre de capacité un cahier de modèles ou des cahiers d’anciens élèves écrits par eux et si les Consuls trouvaient l’écriture acceptable, ils étaient admis. Parfois même on les faisait lire et écrire. »

Quant aux enfants, les mois d’école terminés, ils étaient employés dès le printemps, à divers petits travaux et notamment à la garde des troupeaux.

— Traitement et rétribution scolaire —

Les documents législatifs se rapportant au traitement des instituteurs sont peu nombreux. Il résulte de l’article 12 du second cahier de la noblesse aux Etats d’Orléans en 1560 et de l’édit qui en fut probablement la conséquence, ainsi que de l’ordonnance royale de 1698, que le traitement des maîtres avant le XVIIIème siècle était fait, pour une partie du moins, par les parents qui envoyaient leurs enfants à l’école. La partie réservée à la commune n’était certainement pas obligatoire et n’avait rien de bien fixe, même après 1698. Elle changeait suivant la générosité des Consuls et les exigences des maîtres.

Aussi le traitement est-il variable non seulement de village à village, mais d’une année à l’autre.

Sous ce rapport les Consuls n’étaient pas toujours bien généreux ; ils cherchaient avant tout, pour le plus grand nombre, l’intérêt matériel de la commune. Ceux de Buis-les-Baronnies disent qu’ils prendront un maître : « au melheur marcha que pouren attrobar. »

(L’instruction primaire avant 1789, par F. J. Fontanille)
En 1741, l’intendant adresse aux communautés du Dauphiné une circulaire impérative :
« Les gages du maîtres d’école, ainsi que ceux des gardes champêtres, ne doivent pas passer 100 livres dans les communautés les plus considérables et les plus étendues, et 30 à 40 livres dans les plus petites ; je sçais même que dans la plus grande partie des communautés ils ne servent que six mois de l’année, ce qui doit réduire les gages de moitié. »
(Etudes Drômoises de mars 1989)

Suivant leurs ressources, les communes payaient intégralement le maître ou laissaient aux parents des élèves le soin d’acquitter une partie des gages ; il y avait donc des écoles gratuites et d’autres payantes.

Quelques villages, disposant de ressources suffisantes, conservaient toute l’année un maître qui leur donnait satisfaction, en augmentant ses gages et en assurant une meilleure fréquentation scolaire au moins pendant la belle saison.

Mais la plupart du temps, les gages assurés par la commune étaient insuffisantes pour faire vivre les maîtres qui étaient loin de percevoir autant que la « congrue » attribuée aux curés : 500 livres, puis 700 à partir de 1786. Et l’on sait que bien des curés, pourtant sans charge de famille, n’avaient qu’un train de vie fort modeste.

Les mestres d’école devaient donc ajouter à leur traitement fixe (et aux sommes perçues pour un autre travail) une rétribution due par les parents (rétribution scolaire). Cette rétribution scolaire était d’ailleurs variable selon les communes et selon les matières enseignées. De toutes façons, elle constituait une lourde charge pour les familles qui, en outre, devaient acheter livres et cahiers et contribuer en nature au chauffage de l’école (chaque élève apportant, par exemple, une bûche chaque matin). Parfois même, les « mestres d’école » étaient nourris à tour de rôle par les familles aisées.

L’ouvrage « La Drôme » par Jean Coste nous signale : « qu’en 1696 le mestre d’école habitera la maison commune. Il ne s’absentera pas sans la permission des consuls ; il enseignera l’écriture, le calcul et le latin aux prix suivants :

  • commençants : 5 sols par mois ;
  • écrivants : 8 sols par mois ;
  • latinistes et calculateurs : 12 sols par mois.
  • Les pauvres (indigents) désignés par les consuls seront enseignés gratuitement. »

Les archives n’indiquent pas toujours si une rétribution scolaire était jointe au traitement fixe du maître d’école et c’est là sans doute la cause de cette variation si fréquente de salaire.

Eygalayes ne tenait, en 1751, le précepteur que de la Saint Michel (29 septembre) à la fin mai, soit huit mois, pour 54 livres, plus :

  • 4 sols par mois des enfants qui écrivent, et
  • 3 sols des autres ;
  • il sonnera la cloche à midi et lorsque le temps sera « courroussé ».

Par la suite, il reçut 75 livres de gages (et probablement une rétribution supplémentaire des parents). Eygalayes le conservera alors du 20 octobre à la Saint Michel de l’année suivante, soit pendant 11 mois, mais il devra assister le curé dans toutes les fonctions curiales, faire la prière tous les soirs, sonner la cloche lorsqu’il y en aura besoin, faire le catéchisme aux petits enfants.

— Gratuité - Obligation —

« … Moyennant ce d’instruire les enfants de la ville gratuitement et sans salaire. »

(Edit d’Orléans, 1560).

« … Et soient tenus les pères et mères, à peine d’amende, à envoyer lesdits enfants à l’école et à ce faire soient contraints par les seigneurs et juges ordinaires. »

(Article 12 au second cahier de la noblesse aux Etats d’Orléans, 1560).

« Enjoignons à tous les pères, mères, tuteurs et autres personnes qui sont chargées de l’éducation des enfants et nommément de ceux dont les pères et mères ont fait profession de la R.P.R. [1], avait défendu que les enfants des différents sexes fussent ensemble. »

« Voulant que les petites filles soient instruites, s’il est possible, séparément des garçons, par des filles ou des femmes de piété, pareillement approuvées. [2] »

Les documents relatifs aux écoles de filles sont peu nombreux.

Il en existait une cependant : en 1614 à Nyons, en 1643 à Buis-les-Baronnies ; mais à la veille de la Révolution, il n’en existait qu’une vingtaine dans la Drôme dans les villes et bourgs de quelque importance, les municipalités ne pouvant entretenir deux écoles distinctes. On se bornait donc parfois à séparer les garçons et les filles à l’intérieur de la classe de telle sorte que, néanmoins, dans de nombreux villages, les écoles étaient mixtes.

Dans les écoles de filles tenues par les sœurs, on apprenait surtout les bonnes manières, à filer la laine et « à prier Dieu ».

Le pourcentage des illettrés était de beaucoup plus important parmi les femmes qui ne savaient bien souvent qu’apposer leur signature au bas d’un acte.

— Fonctions accessoires —

Généralement, le maître d’école occupait en même temps un autre emploi :

  • secrétaire de la Mairie et de tous les habitants,
  • sonneur de cloches, sacristain,
  • chantre à l’église, traducteur,
  • aide aux travaux des champs,
  • voire même cantonnier, etc.

(surtout s’il était chargé d’une nombreuse famille, car il n’y avait pas alors d’allocations familiales).

Le précepteur nommé à Montauban en 1663 s’engage tout simplement à « sonner l’Angélus. »

Au hameau de Peyreret [3], commune de Mévouillon, Imbert qui y enseignait en 1716 devait : « sonner l’Angélus, la prière du soir, pendant les orages et les dimanches et les fêtes. »

En 1738, à Laborel, Aubert « promet de dire le chapelet les dimanches et les fêtes, sonner les cloches aux temps importuns et le salut le soir, le matin, à midi. »

A Eygalayes, Isnard doit « assister le curé dans toutes les fonctions curiales, faire la prière tous les soirs, sonner les cloches lorsqu’il en sera besoin et finalement faire le catéchisme. »

Jacques Eyssantier en 1745 devra faire prier Dieu « soir et matin, servir la messe et assister au sieur curé du lieu lorsqu’il administre les sacrements, sonner le sallut engélique le matin, midy et le soir. »

— Programmes, méthodes, vacances, heures de classe —

Nous ne connaissons aucun programme précis d’enseignement et de règlement.

Les éphémérides de l’Almanach de l’instruction primaire, année 1872, portent à la date du 6 mai :

« 1675. — Ordonnance prescrivant que les petites écoles ne puissent enseigner qu’à lire et à écrire et les premiers éléments de la langue latine jusqu’à 9 ans accomplis. »

C’était là sans doute le minimum de l’instruction à donner aux enfants du peuple, car nous ne trouvons l’arithmétique et la grammaire enseignées dans bon nombre de communes.

La lecture, l’écriture et « l’arimétique » étaient enseignées à Lachau, en 1635 ; à Eygalayes, en 1699 ; à Mévouillon, en 1716 ; à Laborel, en 1738… »

Le programme de l’école de Lachau comportait, en 1622, la lecture et les bonnes mœurs ; celui de l’école de Montauban, en 1670, la lecture, l’écriture.

La méthode employée en lecture ne nous est pas parfaitement connue ; elle commençait certainement par l’étude complète de « l’arfabet » (l’alphabet) et ensuite la formation des syllabes, puis des mots.

L’écriture avait une grande importance : les maîtres montraient des cahiers d’élèves comme titres de capacité lorsqu’ils se présentaient pour être engagés (déjà cité précédemment). Jusqu’à la fin du XVIème siècle, l’enseignement de l’écriture ne commençait que lorsque les élèves savaient lire.

L’enseignement de l’arithmétique devait sans doute se borner dans les petites classes aux quatre opérations, principalement l’addition et la soustraction, car la multiplication et surtout la division étaient considérées comme des opérations difficiles.

Il ne devait pas y avoir à cette époque de règles fixes pour la grammaire car maîtres et parents attachaient plus d’importance à l’écriture qu’à l’orthographe.

Il est peu probable que la géographie et l’histoire fussent enseignées. Les cartes géographiques devaient être peu nombreuses et souvent inexactes.

De nombreux écoliers dans les milieux pauvres ne recevaient aucune instruction ou qu’une instruction très réduite et très peu savaient signer sur les registres. L’enseignement était encore moins poussé dans les écoles de filles. Les pratiques religieuses, la prière, la messe, le catéchisme tenaient une large place dans les horaires.

L’instruction restait néanmoins un privilège des riches qui pouvaient avoir des « précepteurs » sans doute plus instruits et plus disponibles.

« En 1791, la population de Séderon était de 674 habitants comprenant 106 électeurs (citoyens actifs). 48 % savaient lire et écrire. » (Pierre Mathonnet).

Comme aujourd’hui, les maîtres faisaient deux classes par jour, en général de 3 heures pour chacune.

L’année scolaire était normalement de 11 mois.

Les vacances étaient de 3 semaines à Montauban en 1587, 1 mois dans de nombreuses communes, 20 jours seulement à Eygalayes vers 1780.

Dans la préface écrite par M.E. Naegelen de l’ouvrage « Histoire d’un jeune sous-maître » d’Erkman-Chatrian, ce jeune maître d’école devait avoir le brevet de 1re classe.

Après examen devant un inspecteur et trois curés, on pouvait obtenir le brevet de seconde classe qui dispensait du service militaire.

Conditions d’admission : enseignement minimum : savoir lire, écrire (connaître la cursive, la bâtarde, la gothique, écrire en fin, en moyen, en gros), compter, connaître le service de l’église, être chantre…

Brevet Delhomme

 2. RENSEIGNEMENTS DONNES PAR LE
BULLETIN DE L’INSTRUCTION PRIMAIRE

d’après les notes historiques sur les écoles de la Drôme avant 1790 par M. Lacroix
archiviste du département de la Drôme, ancien instituteur

Aulan : 128 habitants. Point d’archives.

Ballons  : 365 habitants.

Barret-de-Lioure : 376 habitants. Très peu d’archives.

Le 12 septembre 1714 « la régence des écoles » est donnée par le conseil général des chefs de famille à Roumieu de Montauban, pour 72 livres, le logement et les mois fixés à 4 à 6 sols, selon que les écoliers commencent ou écrivent et calculent.

Mais l’année suivante, Conil se contente de 36 livres et de la rétribution scolaire [4]

Eygalayes  : 367 habitants. Assez d’archives (appartenant à la Provence).

1635. Reynaud, 4 livres 10 sols pour un trimestre.
 
1645. Bonnefoy, vicaire, 19 livres et 12 pour le loyer de la maison d’école.
 
1650. Ferrier, 7 livres 10 sols pour un trimestre.
 
1655. Idem [5], 33 livres pour un an.
 
1659. Giraud, 9 livrs. Ferrier, 15 livres.
 
1664 à 1665. Ferrier, Vidal et Peyron, 15 livres et 15 livres 17 sols.
 
1667. Michel, 15 livres.
 
1675. Idem, 8 livres pour un quartier. Loyer de l’école 9 livres.
 
1680. Marcel, 15 livres 9 sols pour 2 quartiers.
 
1685. Idem, 8 livres 5 sols et 9 livres par trimestre.
 
1690. Idem, 7 livres 10 sols et 4 livres 10 sols pour loyer de l’école.
 
1697. Idem, idem, idem.
 
1700. Idem, 11 livres 5 sols par trimestre.
 
1704. Idem, idem, idem, idem.
 
1708. Idem, idem, idem, idem.
 
1715. 75 livres au maître.
 
1723 et 1724. Sarlin et Eysséric, 18 livres 10 sols et 16 livres 1/2 par trimestre.
 
15 mars 1732. Plaindoux et Gabert, « Desgallaie »
« baillent la régence des escolles à Joseph Marcel, à commencer du jourd’hui et finir dans un an, prometant le dit sieur Marcel davoir le soin daprandre aux enfants tant à lire que escrire et chiffrer et les mener tous les jours à la sainte messe et estre assidus auxd. escolles. Sera donné aud Marcel 3 sols par mois (par) les enfants qui aprenent à lire et 4 (par) ceux qui aprenent à chiffrer et, outre et pardessus, les sieurs consuls en vertu de leur pouvoir leur donneront 75 livres en 4 cartiers et par avance. »
En 1741, Bachelard traitait pour 66 livres et une rétribution scolaire de 3 et 4 sols.
 
1742-1744. Bachelard, 33 livres pour 6 mois.
 
Idem. Beyssier, 22 livres. Mourre, 16 livres.
 
15 décembre 1745, marché des consuls avec Jacques Eyssautier de Barret-le-Bas, pour 6 mois : 36 livres payables par quartier et d’avance, le loyer d’une chambre « pour y tenir les enfans » et une rétribution mensuelle de 3 et 4 sols.
 
Esprit Cousin, « d’Eygalaie » traite, le 12 Octobre 1749, avec le premier consul, assisté de quelques principaux habitants, pour 8 mois et 54 livres, outre les 3 et 4 sols de la rétribution scolaire. Les 8 mois commencent à la Saint Michel et finissent le 31 mai. Cousin "soublige daprendre les enfants de tout soun pouvoir et scavoir, de sonner langelus a midy, comme ausy de sonner les cloches lorsque le temps le demandera et qu’il sera courousse pendant tout le cours de l’annee jusques à la Saint Michel ».
 
9 octobre 1752, nouveau marché semblable avec le même [6].
 
17 octobre 1755, conventions des consuls "Deigalaye » avec Charles Isnard, de Châteauneuf, pour 11 mois, à partir du 21 octobre, et 75 livres. Celui-ci s’oblige "daprendre a faire lire et escrire la pettite junesse du lieu assister a M. le curé dans touttes les fonctions curialles, faire la priere tous les soirs, sonner la cloche lorsquil en sera besoin et finalement faire le cattechisme aux petits enfants ».
 
Un autre marché [7], du 27 août 1690, renferme des conditions différentes : Henri Marcel, du lieu, s’offre pour servir de mestre descolle 1 an, d’une Saint Michel à l’autre, pour 30 livres de gages, 4 livres 10 sols pour le loyer de sa maison, et 1 charge de consegail provenant de la 24e partie de la dîme due aux pauvres. De plus, les parents des écoliers qui en auront les moyens lui paieront 1 civayer de blé par mois. Moyennant le blé de la 24e partie de la dîme, Marcel devra instruire gratuitement les enfants qui seront dans la pauvreté et l’impuissance.

L’enseignement comprenait l’instruction religieuse, l’écriture, la lecture et l’arithmétique. Les vacances étaient de 5 jours en juillet et de 15 jours en août.

Ferrassières  : 351 habitants. Pas d’archives.

Izon  : 130 habitants. Peu d’archives.

Dans la deuxième moitié du XVIIème siècle, on y trouve Louis Blanc et Marcel, maîtres d’école à 12 et 15 livres par semestre. Vers 1630, 75 et vers 1770, 60 livres sont affectées au traitement de l’instituteur [8].

Laborel  : 459 habitants. Quelques papiers.

1658. Raspail.
 
1661. Pascal, 15 livres par semestre.
 
1667. Deméans, 15 livres par semestre.
 
1673. Barbentan.
 
1699. Autran, 12 livres à compte, 8 par trimestre.
 
Vers 1700. Taxil, 15 livres.
 
1705 à 1714. Durand, 100 livres ; Laugier, 88 ; Perrot, 54.
 
1726-1737. Plaindoux, 18 livres ; Clémens et Bois, 22 livres.
 
1726-1737 [9]. Paris et Richard, 19 livres 1/2.
 
1736-1746. L’intendant accorde 100 livres au maître d’école.
 
Richaud et Marcel, 19 livres 1/2.
 
1748-1765. Marcel, 81 livres.

Les conventions [10] passées entre les consuls et Louis Aubert, pour la régence des écoles, le 15 août 1700, méritent d’être citées :

il se loue « pour le prix et somme de 30 livres du chef de la communauté et pour le chef des enfants 2 charges de bled froment, mesure du Buis ; outre ce et par-dessus la communauté promet luy donner un sivadier bled froment […] tous ceux qui fairont bled dans le terroir ». Moyennant ce « il promet de bien instruire a lire, escrire et lhermatique et le cathechisme a toutte la junesse de Labourel, de dire le chapellet tous les dimanches et faictes tous les matins et a sonner la cloche aux tans importuns et le sallut soir et matin et a midy. »

Lachau  : 700 habitants. Assez d’archives.

Le 23 octobre 1622, Guillaume Garnier, d’Avignon, promet à la communauté « daprendre a lisre et escrire et bonnes mœurs de son pouvoir les enfants que luy envoyeront a lescolle pendant un an, moyennant 30 livres payables par la communauté carton par carton et 4 charges bled froment mesure du lieu par les particuliers que luy envoyeront leurs enfants, au proratta des enfants quils luy envoyeront, et outre ce luy tiendront une maison pour escolle. »
 
Le 4 septembre 1623, Jean Meysonnier, de Banon, traite à son tour pour 8 écus, 3 livres et 3 charges de blé.
 
1631. On trouve ensuite Jubeau, 45 livres et les mois de 2 ou 3 sols.
 
Vers 1630, Bremond, de Lachau, a 4 charges de blé et 15 livres, pour les garçons et filles ; Clauson (Vital), 4 charges de blé de la dîme, 24 livres et les mois de 3 et 4 sols.
 
Les pauvres sont admis gratuitement, d’après un rôle dressé par les consuls.
 
1641. Seignoret, 4 charges de blé, 8 écus, 36 sols et 48 sols par écolier. Il reçoit les pauvres gratis, assiste à la messe, aux vêpres et à l’office des pénitents.
 
1648. Bouillon, de Séderon, 180 livres et les mois des élèves forains ; Barrety, prêtre, 96 livres et la rétribution scolaire pour faire l’école et exercer les fonctions sacerdotales dans la chapelle des Pénitents ; Bernard, 3 livres, 4 charges de blé, 30 et 40 sols par élève. Pauvres, gratis. Michel, 36 livres, 20 émines de blé, 4 et 5 sols par mois des élèves.
 
Vers 1636, Jubeau. vers 1646, Clauson.
 
1657. Landric, 9 livres pour 1 trimestre et 6 pour le loyer de l’école.
 
1664. Michel, 9 livres.
 
1668. Dumont, prêtre, 9 écus pour 3 quartiers. Francoul, 9 livres par trimestre.
 
1715. Navarre, 24 livres pour 2 quartiers.
 
1720. Peyrot, 11 livres 5 sols par quartier. Puis, 17 livres par quartier.
 
1750 [11]. Permission d’imposer 100 livres.
 
1789. Michel, 36 livres et 20 émines de blé.

Mévouillon : 728 habitants. Archives assez importantes.

Vers 1630, il est décidé d’entretenir 2 maîtres d’école : l’un à Gresse [12] et l’autre à Pereyret [13].
 
Vers 1655, Jubeau, Raspail.
 
1666. Un seul, à 54 livres.
 
≈ 1685 Pellegrin, 18 livres ½ ; Raspail, 18 livres.
 
≈ 1690 Vidal, 15 livres ; Jullien, 20 livres.
 
≈ 1700 Pellegrin (de la Rochette), 15 livres ; Jullien 15 livres.
 
1708.18 livres.
 
1712. Aubert (Lambert), 18 livres par semestre.
 
1714. Jacques Vidal, 30 livres pour 6 mois ; Pleindoux (de Ballons), 15 livres pour 3 mois.
 
1717. Jouval, 30 livres pour 6 mois (à Pereyret).
 
≈ 1720 Vidal, à Gresse, 30 livres ; Giraud, 20 livres.
 
≈ 1726 Jullien, 60 livres ; Estève, 60 livres.
 
≈ 1731 Pellegrin, 70 livres ; Peyrot, 60 livres.
 
≈ 1738 Estève, 15 livres ; Pellegrin, 15 (trim.).
 
1743. 180 livres pour les deux.
 
1743. Chauvet, 15 par trimestre ; Pellegrin, 20.
 
1746. 150 pour les deux.
 
1760. Pellegrin, 60 livres ; Armand, 60.
 
Le 2 août 1716 [14], Jullien, notaire et vichâtelain ; Jullien, consul ; Saint-Donat et autres, assistés d’Alexis Petit, curé, traitent avec Dominique Imbert, de Sault, pour un an. Il apprendra la lecture, l’écriture et le calcul, la doctrine chrétienne, sonnera l’angélus, sonnera la cloche dans les temps d’orage, dira le chapelet les dimanches et fêtes après vêpres, pour 90 livres, dont 60 par la commune et 30 par les parents d’élèves. « Et par dessus il questera les maisons du lieu à la récolte et chacun luy donnera le grain qu’il voudra et à la discrétion des habitants. »

Montauban : 445 habitants. Quelques archives.

1668. Durand, 30 livres.
 
≈ 1690 Reynaud-Clémens, « regent », reçoit 4 émines de blé pour sonner l’angélus.
 
En 1698, il y a 2 instituteurs : Dumont et Tourres, à 7 livres ½ par quartier.
 
1709. Aubert, 100 livres ; Giraud, 68.
 
1740. Idem, idem.
 
1753. Carderil, de Montguers, 40 livres ; Chauvet, 50.
 
1757. Idem, 30 livres ; Seinchon, 18 ; Hielly, 76 ; Conil, 29.
 
1759. Pons, 28 livres. Monnier, 30.
 
1770. Hielly, 45 livres. Bœuf-Valette, 75.
 
Les écoles étaient à Ruissas et à Bagnols ou Combe de Bons. Carderil, approuvé par Charras, curé-archiprêtre de Montauban, enseignait à Bons ou Bagnols, selon l’ordonnance de l’évêque de Gap en 1753.
 
Des conventions, du 15 mai 1672, avec Antoine Avon, de Séderon, et divers habitants de Bagnols allouent à ce maître 10 livres par la commune et 12 par les contractants ; ceux qui voudront envoyer leurs enfants paieront à proportion, et celui qui fournira la chambre ne paiera rien pour les siens.

L’état civil ancien [15] y mentionne le baptême de Jean Dumont, fils de Joseph, « précepteur de la jeunesse », et de Louise Roux, le 19 janvier 1701, et le mariage, le 24 septembre 1708, de Louis Aubert, maître d’école, avec Catherine Blanchard.

Montbrun : 1 349 habitants. Quelques délibérations consulaires.

1661. Imposition de 300 livres pour l’instituteur, le garde, etc.
 
1663. Ordonnance de l’évêque de Gap, renvoyant le maître d’école protestant.
 
1667. 75 livres au maître, Théodore Granier, agréé par M. de Montbrun.
 
1729. Bonnet (Pierre), écrivain du lieu, reçoit 24 livres et les 4 et 6 sols par mois des élèves ; les consuls lui dressent un rôle de 6 élèves gratuits.
 
1730. Le même.
 
1734. Pellegrin.
 
1752. Garcin (Raymond).
 
1752. 72 livres au maître.
 
1753. Augier, 72 livres et les mois ; 6 élèves gratuits désignés par le curé.
 
1757. 100 livres.
 
1761. Pascal, accepté si M. le curé l’agrée et s’il se contente des mois des élèves.
 
1763. Vote de 75 livres, « attendu que le lieu se trouve beaucoup fourny de petits enfans et qu’il a un lieu d’étape où il est très nécessaire que les habitants sachent lire et écrire afin de pouvoir cognoistre et indiquer les logements. »
 
1767. 72 livres.
 
1770. Doux, blâmé de courir les cabarets et de jouer, demande son paiement.
 
Marc Charles, instituteur à Lachau, lui succède et reçoit 100 livres, dont 18 pour la conduite de l’horloge et 70 pour son logement, 4 enfants gratuits. Rétribution scolaire 4, 6 et 8 sols [16].
 
1776. Chalier, maître d’école d’Aurel, 110 livres.
 
1777. Garcin, 100 livres.
 
1783. Bellot, 12 livres par mois.
 
1786. Beaulieu, 120 livres.

Monfroc : 375 habitants. Point d’archives.

Montguers : 218 habitants. Point d’archives.

Reilhanette : 453 habitants. Quelques rares papiers.

1749. Isnard, 19 livres par trimestre.

Vers : 231 habitants. Pas d’archives.

Villebois : 121 habitants. Peu d’archives.

Villefranche : 88 habitants. Rien en fait d’archives.

Séderon : 667 habitants.

Le registre des délibérations consulaires de Séderon (1611-1642) signale :
 
en 1612, l’existence d’un hôpital et d’une école,
 
le 20 juillet 1614, « le traitement de Clauson, maître d’école, est fixé à 16 écus payables par les catholiques, outre les mois de 4 à 6 sols, selon que les élèves commencent ou écrivent. Il sera permis à ceux de la Religion (protestants) d’envoyer leurs enfants aux mêmes prix. »
 
Ce même registre signale les gages de Dupuy, d’Annecy, régent de l’école, réglés à 16 écus par an, outre les mois des élèves (5 novembre 1628). et ceux de Raspail de Mévouillon à 4 livres par mois (27 janvier 1636).
Morier Jean-Laurent. an III (1795)
 
François (démissionnaire)
 
Monard Casimir, Antoine, Etienne
 
né le 10 juillet 1814 à Vers
nommé instituteur communal de Séderon le 31 mars 1839 (délibération du Conseil Municipal.)
il possède le brevet de capacité pour l’instruction primaire élémentaire du 12 septembre 1838, et un certificat de moralité du 24 mars 1839.
 
Curnier Antoine
Le Conseil Municipal (délibération du 18 mai 1845) est d’avis de présenter Antoine Curnier qui a les titres requis au Comité supérieur de l’arrondissement de Nyons à l’effet d’être nommé instituteur à Séderon en remplacement de M. Monard, démissionnaire. Curnier renonce alors à son poste à Montauban.
 
Autrand (1862)
 
Sœur Marie de la Conception
née Françoise Véronique Honoré appartenant à l’ordre de la Providence à Gap.
exerce depuis deux ans à Séderon les fonctions d’institutrice (soit depuis 1844).
Vu ses bons résultats en classe et considérant sa faible rétribution pour son logement et son entretien, le Conseil Municipal. agrée et reconnaît dès aujourd’hui (6 mai 1846) pour institutrice communale à Séderon la dite Sœur Marie de la Conception.
Le Conseil Municipal. lui vote pour l’année 1847 la somme de 50 francs.

 3. DES LOIS IMPORTANTES
SUR L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE

A la fin de l’Ancien Régime, la situation des écoles est lamentable. Les analphabètes sont nombreux, surtout parmi les pauvres et les filles dont on s’occupe peu.

L’Assemblée constituante (1789-1791) avait promis une instruction publique commune à tous les citoyens ; mais ce n’est que sous l’Assemblée législative (1791-1792) que Condorcet, en 1792, proposa un plan d’école unique pour les deux sexes, avec une instruction populaire obligatoire, laïque, gratuite, suivie d’un enseignement secondaire. Il proposa de désigner les nouveaux maîtres sous un nouveau nom : les « instituteurs ».

L’exécution de ce plan fut hélas ! renvoyée.

La Convention (1792-1795) aurait voulu organiser l’enseignement primaire laïque, gratuit et obligatoire ; mais elles y renonça faute d’argent.

Napoléon 1er (1804-1815) ne s’occupa pas de l’enseignement primaire. Il laissa aux communes le soin d’organiser des écoles avec des maîtres payés par les familles.

La Restauration (1815-1830) en fit autant.

Sous Louis-Philippe (1830-1848), Guizot, par une loi de 1833, obligea chaque commune à avoir une école primaire et chaque département à entretenir une école normale pour la préparation des maîtres. Mais l’enseignement primaire n’était ni obligatoire, ni gratuit.

En 1848, Carnot présenta un projet d’enseignement primaire obligatoire et gratuit ; mais on n’eut pas le temps de le réaliser.

En 1849, la loi Falloux donna au clergé le droit de surveiller les écoles publiques et de nombreuses écoles privées furent ouvertes.

Sous Napoléon III (1852-1870), Victor Duruy fit ouvrir des écoles primaires de filles, des cours d’adultes, des bibliothèques populaires. Il développa l’enseignement professionnel et voulut rendre l’enseignement primaire gratuit et obligatoire. Mais il fut combattu par le clergé et Napoléon III finit par le renvoyer.

Ce sont les lois de 1881-1882, sous la Troisième République, préparées par Jules Ferry, aidé par le député Paul Bert, qui rendirent l’enseignement primaire gratuit, obligatoire (de 6 à 13 ans), laïque (neutre au point de vue religieux).

En 1886, une autre loi décida que l’enseignement dans les écoles publiques serait confié à un instituteur ou une institutrice laïque, mais elle reconnaissait l’existence d’un enseignement privé, libre du choix de ses méthodes, de ses programmes et de ses livres ; mais elle exigeait des maîtres les mêmes titres de capacités : brevet élémentaire ou brevet supérieur.

La loi de 1882 supprima l’enseignement religieux dans les écoles primaires publiques et décida que les écoles vaqueraient un jour par semaine (le jeudi), pour permettre aux enfants des familles qui le désireraient de recevoir cet enseignement religieux en dehors des heures de classe.

« Je me suis fait un serment : entre toutes les nécessités du temps présent, entre tous les problèmes, j’en choisirai un auquel je consacrerai tout ce que j’ai d’intelligence, tout ce que j’ai d’âme, de cœur, de puissance physique et morale, c’est le problème de l’éducation du peuple. Avec l’inégalité d’éducation, je vous défie d’avoir jamais l’égalité des droits, non l’égalité théorique, mais l’égalité réelle. »
Jules Ferry,
député de Paris, avril 1870

 4. EXTRAITS DES REGISTRES DE DELIBERATIONS
DE LA COMMUNE DE SEDERON DEPUIS 1839

8 mars 1839
Le Conseil Municipal s’est réuni à la suite de la lettre de M. le Sous-Préfet du 26 février 1839. Les membres du Conseil Municipal. et les membres du Bureau de bienfaisance demandent la vente d’un petit bâtiment tombant en ruine que les pauvres possèdent à Séderon, lieu-dit la Bourgade.
Le Conseil Municipal, après avoir pris connaissance de la lettre de M. le Sous-Préfet et de la délibération prise par les membres du dit Bureau de Bienfaisance, est d’avis que la demande soit acceptée.
Considérant que le dit bâtiment va être sous peu de temps une masure, il doit le vendre le plus tôt possible afin qu’on puisse en retirer encore quelque argent qui sera employé à réparer le nouvel hospice, dite maison Lambert, qui se détériore tous les jours et qui tombera bientôt en ruine faute d’avoir quelques fonds pour faire des réparations de toute nécessité.
30 mars 1839
Le Conseil Municipal, réuni extraordinairement, suite à l’autorisation de M. le Sous-Préfet, sous la présidence de M. Constantin, Maire,
vu la demande formée le 28 de ce mois par le sieur Monard Casimir, Antoine, Etienne, né le 10 juillet 1814 à Vers, à l’effet d’être nommé instituteur communal à Séderon en remplacement du sieur François démissionnaire,
vu les pièces à l’appui de cette demande, savoir :
  • un brevet de capacité pour l’instruction primaire élémentaire délivré par la Commission d’examen séant à Grenoble (Isère) le 12 septembre 1838,
  • un certificat de moralité délivré le 24 mars 1839 par M. l’Adjoint de la commune de Vers en remplacement de M. le Maire,
vu la loi du 28 juin 1833 et l’ordonnance royale du 16 juillet suivant,
considérant que le candidat qui se présente pour remplacer le sieur François réunit toutes les conditions de moralité et de capacité requises,
le Conseil, après avoir pris préalablement l’avis du Comité local, présente le sieur Monard Casimir, Antoine, Etienne, au Comité supérieur de l’arrondissement à l’effet d’être nommé instituteur communal de Séderon pour y donner l’instruction élémentaire en remplacement du sieur François démissionnaire.
15 août 1839
M. le Maire a donné connaissance au Conseil de la circulaire de M. le Préfet de la Drôme relative à l’admission à l’école communale des enfants qui sont dans l’impossibilité de payer la rétribution scolaire mensuelle.
Le Conseil, après avoir mûrement réfléchi, est d’avis que 5 enfants doivent être admis gratuitement attendu que leurs parents sont dénués de toute espèce de ressource.
15 août 1840
Réunion du Conseil Municipal sur le même sujet.
8 enfants sont dans le cas de pouvoir participer à l’école gratuitement, attendu que leurs parents sont dénués de ressource.
13 septembre 1840
Lettre de M. le Préfet ayant pour objet d’imposer une somme de 45 francs pour les leçons que M. « Pacini » doit donner sur une nouvelle méthode d’enseignement de la grammaire et de l’orthographe françaises ; soit 20 francs pour le déplacement de l’instituteur et 25 francs pour les leçons que M. Pacini doit donner, y compris la méthode imprimée.
26 mars 1845
Le Comité local d’instruction primaire de Séderon (présents : M. M. Vilhet Jean-Louis, huissier ; François Jean Joseph Etienne, archiprêtre curé ; Roubaud Pierre, ancien percepteur ; Bruis Jean Michel, Maire, président), a délibéré ce qui suit,
vu la demande formée le premier de ce mois 1845 par le sieur Curnier Antoine, né à Séderon le 23 juillet 1819, vu la demande également formée le 15 de ce mois par le sieur Daudel Pierre, né à Séderon le 10 juillet 1818, à l’effet d’être nommé instituteur communal de cette commune de Séderon en remplacement du sieur Monard Casimir, démissionnaire,
vu les pièces à l’appui de ces demandes,
vu la loi du 25 juin 1833 et l’ordonnance royale du 16 juillet suivant,
considérant que le sieur Monard, ayant obtenu son exéat, il y a lieu de pourvoir à son remplacement et que les candidats qui se présentent réunissent toutes les conditions requises, 3 membres du Comité sont d’avis de présenter les deux candidats et l’autre membre est d’avis de présenter le sieur Curnier Antoine.
Le Comité local est d’avis que les candidats dénommés dans la présente délibération soient présentés par le Conseil Municipal au Conseil supérieur de l’arrondissement de Nyons à l’effet du choix de l’instituteur communal de Séderon pour y donner l’instruction élémentaire en remplacement du sieur Monard démissionnaire.
27 mars 1845
M. le Maire donne connaissance au Conseil Municipal
  1. d’une lettre de M. le Sous-Préfet en date du 17 février dernier portant que M. Monard, instituteur primaire, ayant donné sa démission, il y a lieu de pourvoir à son remplacement,
  2. d’une demande de M. Pierre Daudel, bachelier ès-lettres, originaire de Séderon et domicilié à Séderon, appuyée d’un brevet de capacité à lui délivré à Valence le 4 septembre 1842 et du certificat de moralité en pareil cas requis,
  3. d’une demande de M. Antoine Curnier, instituteur à Montauban, accompagnée d’un brevet de capacité délivré à Grenoble le 10 septembre 1840 et d’un certificat de moralité,
  4. d’une délibération du Comité local d’instruction primaire relative à l’objet dont il s’agit,
et a invité le Conseil à donner son avis à ce sujet.
Le Conseil, vu la lettre de M. le Sous-Préfet, vu les demandes précitées et les pièces fournies à l’appui, vu la délibération du Comité local, considérant qu’il est urgent de pourvoir à la vacance, considérant que les candidats ci-dessus désignés réunissent les qualités requises, considérant que huit suffrages se sont présentés en faveur de M. Daudel et trois en faveur de M. Curnier, nombre analogue à celui des membres composant le conseil est conséquemment d’avis de présenter, de conformité à l’article 21 de la loi du 28 juin 1833, à l’agrément du Comité supérieur ledit M. Pierre Daudel, candidat qui a réuni la majorité des suffrages.
18 mai 1845
En vertu de la lettre de M. le Sous-Préfet en date du 21 avril 1845 qui autorise de nouveau la réunion du Conseil Municipal de Séderon en session sous la présidence de M. le Maire, à l’effet de procéder à la vacance de l’instituteur de Séderon,
vu la demande du 1er mars dernier 1845 par le sieur Curnier Antoine, né à Séderon le 23 juillet 1819, à l’effet d’être nommé instituteur communal de Séderon en remplacement de M. Monard, démissionnaire, vu les pièces à l’appui de cette demande et le brevet de capacité pour l’instruction primaire supérieure délivré par la Commission d’examen séant à Grenoble le 10 septembre 1840, vu la loi du 28 juin 1833 et l’ordonnance royale du 16 juillet suivant, vu la démission du sieur Curnier Antoine en date du 15 mai dernier de son poste de Montauban, considérant qu’il importe de pourvoir au remplacement de M. Monard et que le candidat qui se présente à cet effet possède les qualités requises,
le Conseil Municipal est d’avis de présenter le sieur Curnier Antoine au Comité supérieur de l’arrondissement de Nyons à l’effet d’être nommé instituteur communal de Séderon pour y donner l’instruction élémentaire en remplacement de M. Monard démissionnaire.
Les membres du Conseil ont signé à l’exception de quatre.
6 mai 1846
Le Conseil Municipal réuni dans le lieu ordinaire de ses séances, plein de zèle et de sollicitude non seulement pour l’instruction des garçons à laquelle il est suffisamment pourvu, mais encore pour celle des filles qu’il n’est pas moins important de favoriser,
considérant que Sœur Marie de la Conception, née Françoise Véronique Honoré, appartenant à l’ordre de la Providence établi à Gap, exerce depuis deux ans dans la commune de Séderon (soit depuis 1844) les fonctions d’institutrice en vertu d’une autorisation expresse de M. le Recteur de l’académie de Grenoble en date du 3 juin 1844,
considérant que durant l’espace de 2 ans, cette religieuse a constamment donné des preuves de bonne vie et mœurs, qu’elle a pris le plus grand soin des enfants qui lui ont été confiés, qu’elle leur a fait faire de rapides progrès par suite de l’excellente méthode dont elle se sert, qu’elle jouit, par conséquent, à juste titre, de la confiance des pères de famille,
considérant en outre que si on ne venait à son aide, il lui serait impossible de trouver dans la faible rétribution qu’elle reçoit de ses élèves de quoi pourvoir à son logement et à son entretien, délibère ce qui suit :
  • article 1. Le Conseil Municipal agrée et reconnaît dès aujourd’hui pour institutrice communale de Séderon, ladite Sœur Marie de la Conception,
  • article 2. Il lui vote en conséquence pour l’année 1847 la somme de 50 francs, regrettant vivement que le peu de ressources de la commune ne permette pas momentanément de lui accorder un secours plus considérable.
26 février 1854
Le Conseil Municipal propose de fixer le taux de la rétribution scolaire pour l’année 1855 à :
  • 1 franc 50 centimes pour la 3e division,
  • 1 franc 25 centimes pour la 2e division,
  • 1 franc pour la première division.
  • Il arrête le traitement fixe pour ladite année à 200 francs.
Il examine ensuite si, conformément à l’article 38 de la loi du 15 mars, il y a lieu d’allouer à l’instituteur un supplément de traitement, afin d’élever son revenu au minimum de 600 francs.
  • A cet effet, il se fait représenter les rôles de la rétribution scolaire de 1853, lesquels s’élèvent à 251 francs. Cette somme prise pour base de la rétribution scolaire 1855 et ajoutée au montant du traitement fixe arrêté ci-dessus, donnant la somme totale de 451 francs, le Conseil Municipal alloue un supplément de traitement pour l’année 1855 de 149 francs.
  • A ajouter pour indemnité de logement à l’instituteur (loyer de la maison d’école) : 60 francs.
  • soit un total de 660 francs.
    Avisant ensuite au moyen d’acquitter cette dépense, le Conseil Municipal décide qu’il devra être prélevé pour cet objet sur les ressources ordinaires de la communes la somme de 314 francs 15 centimes, laquelle somme provient :
  1. de celle de 63 francs 15 centimes, montant de l’imposition spéciale de 3 centimes additionnels au principal des 4 contributions directes que la loi autorise à voter,
  2. de celle de 251 francs provenant du montant de la rétribution scolaire.
    En conséquence, il restera à fournir par le département et par l’état pour compléter les dépenses ordinaires et obligatoires de l’instruction primaire une somme de 345 francs 85 centimes. : 660 fr - 314,15 fr, soit 345,85
    Ont signé : M. Gabert Jean-Louis, Maire ; MM. Vilhet Jean-Louis, Bruis Jean-Michel, Jullien Martial (adjoint), Bonnefoy Joseph, Déthès Joseph, Déthès Jean-Baptiste, Pascal Mathieu et Reynaud André.
22 février 1857
Cette somme atteindra 690 francs en 1857.
1er mai 1859
Dépenses pour l’école primaire (Maire M. Reynaud-Lacroze) :
  • traitement de l’instituteur :200 francs
  • rétribution scolaire :300 francs
  • supplément de traitement pour 1860 :100 francs
  • loyer : 90 francs
    TOTAL : 690 francs
17 novembre 1861
Le Conseil Municipal vote 50 francs pour l’achat de mobilier pour l’école publique de garçons qui ne possédait qu’un seul tableau noir, n’avait ni carte géographique, ni siège pour l’instituteur, ni tables en quantité suffisante pour les élèves, ni assez de tuyaux de poêle pour chauffer convenablement la salle de classe, ni un buste représentant « notre Empereur bien aimé ».
8 juin 1862
Vote de 80 francs pour le corps de musique de Séderon sous la direction de M. Autrand, instituteur public.
27 mai 1870
M. le Président a exposé au Conseil Municipal que la commune possède, dans l’enceinte du village, un corps de bâtiment dit le grand four (emplacement actuel de la salle des fêtes et de la mairie) qui depuis plusieurs années n’a pu être affermé à cause de son mauvais état ; il a fait observer qu’avec des réparations, on pourrait faire de cet immeuble : sur le devant, une assez vaste salle pour la justice de paix qui servirait aussi de Mairie et, sur le derrière, une salle pour la tenue de l’école de filles et du logement de l’institutrice. La commune serait ainsi dispensée de payer annuellement 180 francs pour le loyer des pièces ci-dessus.
Unanimement, moins un membre, le Conseil Municipal vote les fonds qui seront nécessaires à cette dépense.
18 septembre 1870
A la réunion du Conseil Municipal, le Président expose que l’instituteur étant propriétaire dans la commune se livrait parfois aux travaux de la campagne et qu’il importait par conséquent de demander son changement.
Le Conseil Municipal est d’avis à la majorité de faire droit à l’exposé de M. le Président.
Le même Conseil prie l’autorité compétente de placer l’instituteur dans un poste peu éloigné de Séderon eu égard à son ancienneté et attendu qu’il est père d’une nombreuses famille.
27 juillet 1873
Vote de 25 francs pour le mobilier de l’école de garçons : 1 armoire-bibliothèque, 1 « compendium » métrique, 1 globe terrestre et quelques cartes géographiques.
Mais le Conseil Municipal demande à M. le Préfet de vouloir bien accorder un secours de 203,50 francs pour l’acquisition de ces objets.
22 mai 1881
Le Conseil Municipal sous la présidence de M. Reynaud-Lacroze, Maire, estime qu’il devient urgent de se mettre en mesure, dès à présent, de profiter des avances et des subventions exceptionnelles mises à la disposition de M. le Ministre de l’Instruction publique, afin de venir en aide aux communes pour la construction des maisons d’école.
Il invite, en conséquence, le Conseil à se prononcer, en principe, sur l’utilité dont il s’agit et à préciser, autant que possible, de chiffrer la dépense que l’architecte devra prendre pour base dans l’étude et la rédaction des plans et devis.
Le Conseil Municipal décide en principe la construction de maisons d’école pour les garçons et pour les filles.
Il autorise, en conséquence, M. le Maire à converser avec les propriétaires pour l’acquisition des terrains aux conditions les plus avantageuses pour la commune et à faire procéder par un architecte à l’étude des travaux dont la dépense ne devra pas excéder autant que possible la somme de trente mille francs.
5 février 1882
M. le Président a exposé au Conseil qu’en vertu de la circulaire de M. le Ministre de l’Instruction publique et des cultes, en date du 3 janvier dernier, il est interdit à toute personne de se livrer à l’enseignement public sans être pourvu d’un titre qui l’y autorise, que notre Institutrice adjointe ne se trouvant pas dans ce cas elle avait reçu l’ordre de l’autorité supérieure de cesser de suite l’exercice de ses fonctions, qu’en conséquence il y avait lieu de demander une institutrice adjointe autorisée. Le Conseil Municipal considérant que depuis 40 ans l’école de filles de Séderon est dirigée par une religieuse du couvent de Gap, qu’il y a environ 15 ans, vu le nombre croissant des élèves, ce couvent avait bien voulu donner sans aucun sacrifice pour la commune une adjointe à l’Institutrice titulaire, considérant que ce nombre s’est considérablement élevé depuis la gratuité absolue, lequel arrive aujourd’hui au chiffre de 65 élèves, que dès lors il devient impossible à l’institutrice malgré son zèle et sa bonne volonté d’exercer sur les enfants la surveillance nécessaire ni de leur donner les soins que réclame leur jeune âge,
pour ces motifs,
ledit Conseil prie M. le Préfet de vouloir bien avoir égard à la situation où se trouve l’école de filles de Séderon, chef-lieu de canton, et de faire tout ce qui sera dans son pouvoir pour nous donner, le plus tôt qu’il sera possible, vu l’urgence, une institutrice adjointe du couvent de Gap.
20 mai 1882
Crédit de 100 francs pour supplément au traitement de l’Instituteur communal qui le touchera au titre de gratification.
15 octobre 1882
Vu la nécessité de construire une maison d’école, il importe de choisir un emplacement le plus convenable et voter l’acquisition du terrain.
Le conseil Municipal considère que le lieu le plus convenable à cet emplacement est situé au quartier du pré de la Cour n° 248 du plan cadastral, section H, appartenant à Mlle Jullien Nathalie, propriétaire à Séderon, laquelle veut bien consentir à la vente de ce terrain.
Unanimité du Conseil Municipal.
12 novembre 1882
Population de Séderon : 700 habitants.
Le Président du Conseil Municipal, considérant :
  • que les bâtiments scolaires sont enclavés dans d’autres maisons, que les classes et logements des instituteurs sont insuffisants et dans le plus triste état,
  • que d’après le détail estimatif dressé par M. Fériol architecte de Séderon, le projet de construction s’élèverait à 48 240 francs,
  • que la commune qui est pauvre et sans ressource se trouve dans l’impossibilité de faire face à elle seule à une pareille dépense,
  • que néanmoins elle doit s’imposer un sacrifice pour participer aux secours accordés par le gouvernement aux communes pauvres et portées de bonne volonté,
propose :
  • de s’imposer extraordinairement d’une somme de 7 000 francs pour la construction d’un bâtiment scolaire,
vote :
  1. un emprunt de 7 000 francs à contracter à la caisse des écoles, remboursable en trente ans à partir du 1er juillet 1883,
  2. une imposition extraordinaire de 11 centimes au principal des 4 contributions directes recouvrables pendant trente ans à partir du 1er juillet 1883 représentant en totalité 8 400 francs pour servir au paiement de l’emprunt ci-dessus voté.
Pour parfaire au supplément de dépense soit 41 240 francs, le Conseil Municipal sollicite de la générosité du gouvernement pareille somme.
Le Conseil Municipal vote en outre l’acquisition des terrains pour l’emplacement de la dite construction et autorise M. le Maire à acquérir de Mlle Jullien Nathalie le terrain nécessaire à l’établissement de la maison d’école.
11 février 1883
Le Conseil Municipal estime que le prix du terrain nécessaire à la construction de l’école est raisonnable : 2 616,38 m2 - parcelle n° 248p de la section H du plan cadastral au prix de 0,994 francs le mètre superficiel, soit 2 600 francs.
Approbation pleine et entière.
11 février 1883
M. Fériol a été autorisé à dresser les plan, devis, etc. du groupe scolaire.
dépense : 48 240 francs.
Le Conseil Municipal approuve les plans, devis, rapport, etc. dressés par M. Fériol.
Il sera fait face à cette dépense :
  1. par la somme de 7 000 francs montant d’une imposition extraordinaire,
  2. par une subvention du gouvernement de 41 240 francs.
Total des travaux : 48 240 francs.
11 février 1883
Vote d’un emprunt de 7 000 francs par le Conseil Municipal.
11 février 1883
Le Conseil Municipal demande un instituteur adjoint à l’école de garçons (61 élèves en décembre 1882 et janvier 1883).
3 octobre 1886
Vote de 350 francs à M. Fériol, agent voyer cantonal à Chatillon pour les plans et devis d’un groupe scolaire.
Dossier non approuvé par le Ministère.
19 août 1888
Désignation de 2 délégués pour faire partie de la Commission scolaire chargée de surveiller et d’encourager la fréquentation des écoles : Charras Alphonse et Gilly Simon, Conseillers Municipaux.
30 septembre 1888
Le Conseil Municipal est d’avis que la création d’une classe enfantine soit ajournée jusqu’à ce que la commune dispose d’un local propice à cette destination.
30 mars 1890
Le Président expose au Conseil Municipal que la commune doit trouver un autre local pour l’école de filles, sinon l’administration demandera la suppression de cette école.
Après examen des locaux qui conviennent le mieux à cette destination le choix se porte sur la maison Guérin (par la suite immeuble Bernard, actuellement maison Déthès) qui a déjà servi à cet usage pendant bien longtemps.
Le Conseil Municipal autorise le Maire à passer un bail pour 5 années avec le sieur Guérin pour le dit local devant être affecté à l’école de filles et au logement de l’institutrice moyennant le prix de 150 francs par an.
28 juin 1896
Renouvellement du bail pour le logement de l’instituteur (premier et deuxième étages de la Maison du Bureau de Bienfaisance), intervenu le 4 avril 1886 entre le Conseil Municipal et le Président de cet établissement.
Le bail étant terminé le 1er avril dernier, il importe de le renouveler ; le Conseil Municipal est d’avis qu’un nouveau bail soit passé entre le Président du Bureau et M. le Maire dans les mêmes conditions et charges que le précédent.
1er juin 1902
M. le Sous-Préfet de Nyons, en date du 25 mai dernier, demande au Conseil Municipal son avis sur une demande que la Congrégation des Sœurs de la Providence de Gap a formée en vue d’obtenir l’autorisation d’ouvrir à Séderon une école primaire et une école maternelle privées l’une et l’autre ; il invite, en conséquence, l’assemblée à se prononcer sur cette demande. Le Conseil Municipal considérant que M. Reynaud-Lacroze Gaston, propriétaire à Séderon, vient de faire construire de ses fonds personnels une vaste maison pour être affectée aux 2 écoles dont il s’agit et au logement des religieuses sans qu’il en résulte aucune charge pour la commune, que dès lors il ne peut refuser une pareille générosité, le dit Conseil sur 8 membres présents un avis favorable a été voté par 6 voix contre 2.
21 septembre 1902
Fermeture de l’écurie dite le grand four.
7 août 1904
Désignation de 4 délégués pour faire partie de la Commission scolaire :
  • M. Payre-Ficot, docteur en médecine,
  • M. Sarlin Fortuné, propriétaire,
  • M. Guilliny Auguste, cafetier,
  • M. Guérin Jean-Baptiste, retraité.
28 janvier 1906
Le Conseil Municipal nomme trésorier de la Caisse des Ecoles M. Guilliny Auguste, membre du Conseil Municipal.
5 août 1906
Demande d’un crédit de 80 francs à l’occasion de la distribution de prix aux élèves de l’école communale.
17 mai 1908
Installation du Conseil Municipal :
présents : MM. Payre-Ficot, Vilhet Amédée, Reynaud Louis, Sarlin Marcellin, Guilliny Auguste, Curnier Honoré, Coullet Etienne, Raymond Célestin, Gauthier Auguste.
absents : MM. Bertrand et Grivannes.
15 janvier 1909
Le Conseil Municipal sous la Présidence de M. Payre-Ficot, adjoint délégué, demande la création d’une école maternelle mixte pour les enfants au-dessous de 6 ans, en raison du grand nombre d’élèves.
A la même date, le Conseil Municipal expose qu’il y aurait lieu de déléguer un architecte pour un projet de construction d’un groupe scolaire et propose à cet effet M. Gerbe, agent voyer cantonal de Séderon.
Le Conseil Municipal prie M. le Préfet de vouloir bien approuver la désignation de M. Gerbe.
29 août 1909
Le Président du Conseil Municipal expose que par suite du mauvais état et du manque d’hygiène de l’immeuble Bernard (auparavant immeuble Guérin, actuellement propriété de M. Déthès), il y aurait lieu de transférer l’école de filles et le logement de l’institutrice dans l’immeuble Guilliny, lequel vient d’être aménagé à cet effet.
Le bail sera de 190 francs par an.
Le Président délégué Payre-Ficot demande au Préfet de bien vouloir approuver.
1910 - Note de M. Maurice Gontard
Maison du Bureau de Bienfaisance occupée par l’école de garçons avec l’instituteur M. Henri Monquet nommé stagiaire à Séderon le 24 juillet 1909.
19 janvier 1913
Le Conseil Municipal demande la construction d’un groupe scolaire de 4 classes (2 pour les garçons, 2 pour les filles) car la population est en augmentation : en 1911, 616 habitants contre 591 en 1906 (14 naissances contre 9 décès).
Même séance : le Conseil Municipal désigne M. Girard, agent voyer d’arrondissement à Nyons, comme architecte du groupe scolaire et demande à M. le Préfet de ratifier cette nomination.
Même séance : le Conseil Municipal demande la création d’une classe enfantine mixte.
Le Conseil Municipal demande donc : 1 classe de garçons, 1 classe de filles et 1 classe enfantine. Il prend l’engagement d’inscrire au budget communal pour une période de 10 ans les dépenses que l’article 4 de la loi du 19 juillet 1889 met au rang des dépenses obligatoires pour les communes.
6 avril 1913
Projet de construction du groupe scolaire.
Le Conseil Municipal désigne M. Eugène Poitoux, architecte diplômé, à Valence, comme architecte du groupe scolaire à édifier.
5 juillet 1914
La construction du groupe scolaire et la création de la classe enfantine sont urgents, les écoles actuelles n’étant pas la propriété de la commune et ne répondant pas aux exigences de l’hygiène : absence de cour, de préau couvert, classes mal éclairées et peu spacieuses…
17 février 1920
Modification des heures d’ouverture des classes à cause du changement de l’heure officielle : 9 h à 12 h et 14 h à 17 h.
11 avril 1920
Loyer de l’école des filles à M. Guilliny : 300 francs par ans.
18 avril 1920
Le Conseil Municipal considérant :

comme probable la prolongation de la scolarité à 14 ans,

  • que les locaux scolaires sont trop étroits pour contenir la population scolaire actuelle et qu’ils sont mal éclairés,
  • que, en particulier, l’école de garçons se trouve dans un local très incommode, surtout pour les plus jeunes enfants qui, pour aller en récréation, sont obligés de passer par un escalier absolument obscur, même en plein jour,
  • que par suite de l’absence de cour à l’école des garçons et de préau dans la cour de l’école de filles pendant les jours de pluie, au moment des récréations, les garçons sont obligés de stationner dans l’escalier obscur, exposés aux courants d’air, et les filles sous un « passage » exposées également aux courants d’air.
  • que, par ces motifs, l’hygiène est loin d’être observée dans les écoles,
  • que la population de Séderon s’accroît d’année et année,
  • que le nombre d’enfants mis en classe à Séderon pendant les 5 dernières années s’élève à 36,
  • que les naissances sont au nombre de 7 depuis le 1er janvier 1920,
  • que au moins 10 naissances sont attendues d’ici la fin de l’année 1920,
  • que l’école de filles a enregistré 46 présences au cours de l’année 1920,
  • que l’école de garçons a enregistré 41 inscriptions et 38 présences au maximum au cours de 1920,
  • que ces nombres ne pourront que devenir plus grands si l’obligation scolaire est prolongée jusqu’à 14 ans,
  • que le Conseil départemental dans sa séance du 13 février 1913 a donné un avis favorable à la création d’une classe enfantine demandée par l’ancienne assemblée communale,
  • que la municipalité actuelle n’abandonne pas le projet de construction d’un groupe scolaire à 3 classes dont le plan est déjà établi,
    prie M. le Préfet, M. l’Inspecteur d’Académie, M. l’Inspecteur Primaire, chacun en ce qui le concerne, de bien vouloir intervenir favorablement auprès de M. le Ministre de l’Instruction publique pour qu’une classe enfantine mixte soit créée à Séderon dans l’intérieur du village.
10 juin 1920
M. l’Inspecteur d’Académie propose pour la commune de Séderon la création d’une classe enfantine que rendra nécessaire la prolongation de la scolarité.
Le Conseil Municipal à l’unanimité donne un avis très favorable à cette proposition.
29 août 1920
Le Conseil Municipal émet un avis favorable à la création d’un cours d’enseignement agricole postscolaire dans la commune ; il demande que le cours soit organisé le plus tôt possible et décide que le local affecté à ce cours sera la salle de l’école de garçons, que l’époque jugée la plus favorable est la période octobre-avril, c’est-à-dire l’hiver.
Les dépenses (chauffage, éclairage, entretien du local) seront à la charge de la commune, ainsi que les frais de cours, achat de livres, de publications, de matériel scolaire d’enseignement, soit 200 francs qui seront pris sur les fonds libres.
2 janvier 1921
Le Conseil Municipal :
  • décide que les maître et maîtresse ne doivent pas avoir à leur charge le déficit provenant des fournitures scolaires ;
  • désigne comme élèves indigents, c’est-à-dire des élèves ne devant payer aucune fourniture scolaire, 8 garçons et 8 filles. Ces fournitures scolaires leur seront données gratuitement à l’exception des livres ;
  • décide que toutes les petites fournitures (plumes, encre, règles, crayons, buvards, ardoises, etc.) seront données gratuitement à tous les élèves fréquentant les écoles ;
  • décide que les élèves non-indigents payeront les cahiers qui leur seront nécessaires en classe.
19 mars 1922
Le Conseil Municipal considérant que pour la construction du groupe scolaire il n’y a pas lieu de rechercher un nouvel emplacement que celui choisi en 1913 par la précédente assemblée, invite M. le Maire à entrer en pourparlers avec Mlle Reynaud, propriétaire du terrain et à passer avec cette dernière la promesse de vente prévue par les lois et décrets sous réserve d’approbation ultérieure par la présente assemblée communale.
Désignation d’un architecte : M. Brunel, architecte départemental, à Valence.

11 juin 1922

Le Conseil Municipal a entendu
  • Mme Marie, institutrice à Séderon,
  • M.Jullien, instituteur à Séderon,
qui ont fait ressortir les avantages que retireraient les élèves fréquentant les écoles laïques de la commune si la coéducation était pratiquée dans les écoles de Séderon.
A l’unanimité, le Conseil Municipal décide que la coéducation soit pratiquée dans les deux écoles de Séderon dès la rentrée d’octobre prochain, et prie M. l’Inspecteur primaire et M. l’Inspecteur d’Académie de bien vouloir donner l’autorisation nécessaire.
- Vacances scolaires -
Le Conseil Municipal, vu l’arrêté du 17 juillet 1922 fixant les vacances scolaires dans les écoles primaires prie M. l’Inspecteur primaire de Nyons de vouloir bien considérer :
  • la veille de la Noël ou l’avant-veille quand la Noël est un samedi ou un vendredi,
  • le lendemain de la Noël ou le surlendemain quand la Noël est un samedi ou un mercredi,
  • le mardi-gras,
  • la veille de la Pentecôte,
  • le samedi précédant la fête patronale (1er dimanche de juin),
  • le lundi suivant la fête patronale,
comme jours de congé pour les écoles de Séderon.
16 novembre 1924
Groupe scolaire. A cause de la cherté toujours croissante de la vie, la somme totale actuelle du devis 219 538,79 francs paraît insuffisante d’environ 20 %.
Le Conseil Municipal vote un supplément de 45 000 francs qui ne sera utilisé qu’autant que cela sera nécessaire.
La commune s’engage pour une somme globale de 265 000 francs.
Elle demande à M. le Ministre de vouloir bien faire état de cette dernière somme pour le calcul de la subvention.
8 novembre 1925
Caisse des Ecoles. Le Conseil Municipal est décidé à faire revivre cette caisse et désigne M. Jullien, instituteur, pour s’en occuper.
21 février 1926
Le Conseil Municipal considérant que la commune ne peut, en l’état actuel de ses finances, s’imposer le sacrifice d’un emprunt de 155 000 francs, décide d’abandonner purement et simplement la réalisation de la construction du groupe scolaire tel qu’il se présente actuellement. Il dit que la promesse de vente souscrite le 31 mars 1922 par Mlle Marie Reynaud, aujourd’hui Mme Cotton, est et reste toujours valable.
30 mai 1926
Le Conseil Municipal, vu la promesse de vente faite par M. Cotton au nom de sa femme née Reynaud Marie,
décide :
la promesse de vente souscrite le 30 mars 1922 concernant une parcelle au quartier de Rivaine sera purement et simplement annulée si, dans un délai de 6 ans, c’est-à-dire le 1er juin 1932, la commune de Séderon n’a pas été autorisée à acquérir.
26 décembre 1926
- Cinéma scolaire -
Le Conseil Municipal tient à la disposition de M. Jullien pour les écoles de Séderon la somme de 2 000 francs en vue de les doter d’un appareil cinématographique qui serait spécialement affecté à l’école de garçons.
M. Jullien donne son avis et fait connaître qu’il faut au moins 3 000 francs pour pouvoir se procurer un bon appareil, solide, facile à manier et qui serait utilisé non seulement pendant la classe du jour, mais aussi à l’occasion du cours agricole postscolaire, des cours d’adultes. Il servirait également à donner quelques séances récréatives au profit de la Caisse des Ecoles qui vient d’être réorganisée.
Il fait connaître qu’au moyen d’une subvention communale et départementale, la somme de 3 000 francs pourrait facilement être atteinte.
Après avoir délibéré, le Conseil Municipal vote en principe une subvention de 500 francs pour permettre cet achat et demande à M. le Préfet de bien vouloir accorder sur le fond des amendes de police correctionnelle, une subvention égale, si possible, au bénéfice des écoles de Séderon pour permettre de parfaire la somme nécessaire.
Cette subvention de 500 francs sera inscrite au budget additionnel le 3 février 1926.
14 février 1928
Le Conseil Municipal affecte au moins 150 francs à l’achat du matériel envisagé pour l’école de filles.
Au cours de la même séance, le Conseil Municipal désigne M. Pestre Louis, architecte à Etoile, comme architecte du groupe scolaire à édifier à Séderon.
24 février 1928
M. le Maire dépose sur le bureau de l’assemblée les plans du nouveau projet de construction du groupe scolaire dressé par M. Pestre, moins onéreux. Ce groupe comprendrait :
  • une école de garçons,
  • une école de filles,
  • une classe enfantine créée en 1922, et
  • les logements du maître et des maîtresses.
Il invite le Conseil Municipal à se prononcer définitivement sur le projet d’acquisition du terrain.
Le Conseil Municipal sollicite de M. le Ministre de l’Instruction publique la subvention la plus élevée possible… et prend l’engagement d’inscrire au budget communal au nombre des dépenses obligatoires et pendant une période de 30 ans dès que les travaux votés ci-dessus auront été terminés.
Il vote également un crédit pour l’entretien de l’immeuble égal au moins à 1 % du montant de la dépense sur lequel la subvention de l’Etat aura été calculée.

18 avril 1928

Achat d’un poêle pour l’école de garçons : 60 francs.
14 juin 1928
- Coéducation -
Le Conseil Municipal, après l’examen approfondi de la question constatant le résultat de cet essai tant moral que physique, vu les plaintes des parents, élève une protestation énergique contre la coéducation et demande la suppression immédiate de cette épreuve.
14 août 1929
Le Conseil Municipal accepte le prix de 11 000 francs fixé par l’entente amiable entre le Maire et le vendeur Marie Reynaud, épouse Cotton Louis, assistée de son mari.
Le projet remanié par M. Pestre comprend une superficie de 2 744 m2 avec une largeur de 37 mètres en bordure de la route départementale, le surplus prévu par le premier projet étant laissé au vendeur.
22 septembre 1929
Remplacement de M. Pestre, trop éloigné pour la surveillance des travaux, par M. Pontonnier, ingénieur du S.V. à Séderon.
24 novembre 1929
Ouverture des classes à 8 h 30.
29 décembre 1929
Loyer de l’école des filles (maison Guilliny) porté à 1 000 francs au lieu de 600 francs.
Projet de construction scolaire : 295 000 francs
Subvention de l’Etat :233 600 francs
La commune doit recourir à l’emprunt de 65 750 francs.
6 mars 1930
Acte de vente du terrain pour le groupe scolaire : passé chez M. Bernard, notaire à Séderon, le 7 mars 1930.
Coût de l’emplacement :11 000 francs
Frais d’étude : 5 400 francs
17 août 1930
Le Conseil Municipal décide de demander encore une fois à M. Vanoni, entrepreneur du groupe scolaire, la justification de sa demande d’augmentation, justification qu’il n’a pas produite à ce jour, et lui laisse la responsabilité de ce retard.
5 octobre 1930
Le Conseil Municipal n’a toujours pas reçu de pièce justificative de la demande d’augmentation de l’entrepreneur.
15 octobre 1930
Pas de justification apportée par M. Vanoni Joseph.
Le Conseil Municipal en prend acte et décide de soumettre ces incidents à l’Administration préfectorale.
1er mars 1931
Le Conseil Municipal décide d’offrir à M. Vanoni la résiliation du marché du 17 novembre 1929 et cela dans les 10 jours.
22 mars 1931
Le Conseil Municipal refuse l’augmentation de l’entrepreneur et demande par contentieux au Conseil de la Préfecture de prononcer la résiliation de l’adjudication du groupe scolaire adjugée à M. Vanoni Joseph et que des dommages-intérêts soient alloués à la commune en réparation des dommages à elle causés par l’interruption des travaux …
10 mai 1931
Révision du prix du groupe scolaire.
Il y a urgence à reprendre la construction…
Même séance : Fête du cinquantenaire de l’école laïque.
Vote d’une somme de 1 500 francs.
21 juin 1931
M. le Maire reprend l’exposé des versements qui sont survenus dans l’exécution des travaux du groupe scolaire.
L’adjudication a été donnée le 17 novembre 1929 à M. Vanoni Joseph qui, après avoir abandonné les travaux, a été résilié d’office le…
Un décompte des travaux a été dressé au montant de 75 852,59 francs. Les prix portés étaient inférieurs à ceux actuellement pratiqués, un état comparatif a été dressé, état comportant la majoration du prix.
M. le Maire demande l’autorisation de traiter de gré à gré après une adjudication restreinte où des entrepreneurs capables seraient appelés à fournir des propositions.
Le Conseil Municipal décide de choisir l’entrepreneur le plus qualifié à tous les points de vue pour le marché de gré à gré.
15 novembre 1931
M. Pontonnier ne pouvant plus surveiller la construction du groupe scolaire à cause de son changement de résidence, le Conseil Municipal prie M. le Préfet de bien vouloir autoriser M. le Maire à charger M. Poujoulat, ingénieur du S.V. à Séderon de la surveillance des travaux.
26 février 1933
Emprunt pour construction d’un groupe scolaire s’élevant à 65 750 francs contracté à la Caisse Nationale des Retraites pour la Vieillesse au taux de 6 % remboursable en 30 années au moyen d’une imposition extraordinaire de 151,30 francs.
Le devis des travaux ayant motivé l’emprunt s’était élevé à 291 000 francs, le montant a été couvert par une subvention de l’Etat de 233 600 francs.
Somme égale : 65 750 + 233 600 = 299 350 francs.
1er octobre 1933
M. le Maire donne lecture de la lettre de M. l’Inspecteur sur la gémination des classes.
Le Conseil Municipal donne un avis favorable à la gémination.
12 novembre 1933
M. le Maire donne lecture de la lettre de M. l’Inspecteur d’Académie pour la création d’une classe enfantine et s’engage à rémunérer une femme de service pour cette nouvelle classe ; une délibération sera prise en ce sens.
Il donne ensuite lecture de la lettre de M. l’Inspecteur d’Académie demandant des renseignements au sujet de la création d’un cours complémentaire à Séderon, suite à la délibération du 26 avril 1931.
Le Conseil Municipal demande au plus tôt la création d’un cours complémentaire. Des mesures appropriées seront prises pour le logement.
La liste des élèves suivant ces cours sera dressée, ainsi que la liste des garçons et des filles ayant eu le Certificat d’Etudes Primaires tant à Séderon que dans les localités voisines.
Le Conseil Municipal considérant que les parents peuvent donner des soins à leurs jeunes enfants, mais ne peuvent pas tous donner, faute de ressources suffisantes, une instruction au-delà du C.E.P., demande la création d’un « Cours Supérieur » à l’école mixte de garçons de Séderon en remplacement du Cours complémentaire demandé le 26 avril 1931 et de l’école enfantine à ouvrir le 1er janvier 1934.
Il prie l’Administration de vouloir bien accorder ce « Cours Supérieur » mixte qui rendra les plus grands services à notre région déshéritée et éloignée de tout centre important.
17 décembre 1933
Le Conseil Municipal donne un avis favorable à la création de deux écoles spéciales : l’une de garçons à 2 classes (dont le « Cours Supérieur mixte ») et l’autre de filles à 2 classes dont une enfantine.
Dans cette même séance, M. le Maire communique au Conseil le projet qu’il a fait établir pour l’installation du chauffage central au groupe scolaire et il propose de demander une subvention de l’Etat. Le Conseil, après en avoir délibéré, accepte ce projet qui s’élève à 21 500 francs, et considérant la rigueur de la température dans notre région au-dessus de 800 mètres d’altitude, sollicite la subvention la plus élevée possible.
19 août 1934
M. le Maire expose que l’eau n’a pas été mise aux cabinets de la cour des Ecoles et signale son urgence. Il donne connaissance du projet de traiter de gré à gré qu’il propose de conclure avec M. Constantin Aurélien, entrepreneur à Séderon.
Le Conseil Municipal, après examen, approuve le traité de gré à gré avec M. Constantin, traité s’élevant à 4 220 francs pour chasses d’eau aux cabinets de la cour du groupe scolaire. Il autorise M. le Maire à signer ce traité.
M. le Maire expose que les bancs des classes sont insuffisants pour les élèves du « Cours Supérieur » car ils ont été construits pour des enfants de 7 à 13 ans. Il soumet la demande de la Directrice : 10 bancs ou tables-bureaux à 2 places.
Le Conseil Municipal, après en avoir délibéré, vote une somme de 1 450 francs pour l’achat des tables-bureaux pour le « Cours Supérieur ».
6 février 1936
Le Conseil Municipal approuve la demande d’un nouveau tableau noir et d’une table pour le « Cours Supérieur ».
10 mai 1936
Le Conseil Municipal décide d’organiser l’inspection médicale des Ecoles avec l’aide du docteur de la localité en observant autant que possible le programme dressé par l’Administration préfectorale qui propose une subvention de 40 % du montant des frais en se conformant à ses instructions et au règlement qu’elle va communiquer à cet effet sous peu.
10 juillet 1936
M. le Maire expose que pour régler l’entrepreneur du groupe scolaire et pour payer la part communale de l’augmentation des prix de la seconde adjudication, il est utile de contracter un emprunt de 18 000 francs.
Le Conseil Municipal, après en avoir délibéré, vote un emprunt de 18 000 francs au taux de 5% amortissable en 30 ans à la Caisse des Dépôts et Consignation.
Il vote également une imposition extraordinaire de 36 centimes au principe des 3 contributions directes pendant toute la durée de l’amortissement de l’emprunt devant produire annuellement environ 1 164,72 francs, soit la totalité de la somme nécessaire pour l’amortissement de l’emprunt, capital, intérêts et frais qui sont à la charge de la commune.
La commune pourra amortir plus rapidement cet emprunt si des disponibilités venaient à se produire sous réserve d’en référer à M. le Préfet. Elle demande à M. le Préfet de bien vouloir autoriser cet emprunt qui sera contracté à la Caisse des Dépôts et Consignations.
23 juillet 1936
M. le Maire donne lecture de l’Arrêté de M. le Préfet en date du 22 juillet 1936 autorisant la commune à emprunter la somme de 18 000 francs. Il demande au Conseil de l’autoriser à signer le contrat. Le Conseil Municipal donne son autorisation.
18 octobre 1936
Le Conseil Municipal, après l’exposé de M. le Maire, approuve le traité de gré à gré passé avec M. Paul Grassi, électricien à Nyons, pour l’éclairage électrique des Ecoles et s’élevant à 2750 francs.
6 juin 1937
M. le Maire rappelle au Conseil sa délibération du 26 avril 1931 demandant la création d’un Cours Complémentaire à Séderon dont il montre la nécessité dans notre région si délaissée par les pouvoirs publics et dépourvue de moyens de communication rapides avec les autres Cours Complémentaires.
Il signale en outre que l’Administration ne pourra être favorable à ce projet et n’en acceptera la réalisation que :
  1. grâce à l’inscription des élèves venant du dehors qui fourniront le contingent nécessaire à la création,
  2. à la condition que des locaux salubres acceptés par la Commission d’hygiène soient mis à la disposition de l’Enseignement.
Dans ces conditions, le Maire propose :
  • soit de mettre à la disposition de l’Administration l’ancien local scolaire désaffecté si ce local remplit les conditions d’hygiène exigées par les règlements en vigueur,
  • soit de prendre l’engagement de faire construire des locaux nouveaux remplissant les conditions nécessaires à la création d’un internat absolument indispensable à la réalisation du projet en cours et pour lequel il demande une subvention de l’Etat.
Le Conseil Municipal, après l’exposé de M. le Maire et après en avoir délibéré, passe au vote et décide à l’unanimité d’adopter les propositions qui lui sont faites et relatées plus haut en renouvelant une fois de plus le vœu de voir se réaliser le plus rapidement possible le projet du Cours Complémentaire qui rendra les plus grands services à la régions entière.
4 juillet 1937
M. le Maire expose que le « Cours Supérieur » qui fonctionne à la satisfaction de toute la population depuis plus de deux ans, pourrait être transformé en Cours Complémentaire.
Le Conseil Municipal, après en avoir délibéré, demande la création d’un Cours Complémentaire à Séderon avec classe de professeur, ce qui permettrait à la jeunesse de toutes les communes environnantes de parfaire sa perfection intellectuelle sans quitter notre région montagneuse si délaissée.
La commune de Séderon s’engage à fournir pendant 5 ans au moins et à inscrire à son budget les dépenses qui lui incomberont du fait de cette création, en application de l’article 4 de la loi du 10 juillet 1899. Elle demande à l’Administration de bien vouloir accorder cette transformation et cette création le plus tôt possible.
18 juillet 1938
M. le Maire expose au Conseil, avec factures à l’appui, les dépenses des fournitures scolaires. Le produit des séances de cinéma ne peut suffire à couvrir les dépenses et il propose de voter un crédit de 1 500 francs à cet effet.
Le Conseil vote ce crédit de 1 500 francs et prie M. le Préfet de bien vouloir autoriser cette dépense sur les fonds libres communaux.
18 mai 1941
Vu la loi du 25 novembre 1941, le Conseil Municipal déclare approuver l’aménagement du terrain scolaire provisoire d’éducation physique et sportive, destiné aux enfants des écoles.
La commune de Séderon prend l’engagement d’assurer les frais de gardiennage du terrain et de prendre en charge 20 % des dépenses résultant de l’aménagement de ce terrain évalué à 40376 francs.
……………………./……………………..
La commune prend l’engagement d’inscrire à son budget les centimes nécessaires pour assurer en cas de besoin sa contribution financière.
……………………./……………………..
Elle déclare que le terrain à aménager a fait l’objet d’une promesse de vente et sera acheté par la commune.
17 octobre 1943
Remboursement par la commune de l’emprunt de 20 000 francs contracté pour le terrain de sports scolaire.
Le Conseil Municipal prie M. le Préfet de bien vouloir autoriser ce remboursement anticipé.

Ces délibérations des XIXe et XXe siècles témoignent du désir des Conseils Municipaux successifs d’accorder une importance particulière à l’instruction des enfants et à l’amélioration du bien-être des élèves et des maîtres.

La reprise des travaux du groupe scolaire momentanément interrompus sera confiée à M. Gianoglio, entrepreneur sérieux, qui achèvera la construction fin 1933, de telle sorte que la rentrée des classes pourra se faire dans le nouveau bâtiment au début de l’année 1934.

Trois grandes salles sont prévues pour la répartition des cours avec :

  • une école de filles mixte à deux classes :
une classe enfantine et cours préparatoire,
une classe avec cours élémentaire 1re et 2e année et cours moyen 1re année,
  • une école de garçons mixte à deux classes :
un cours moyen 2e année (préparation à l’examen d’entrée en 6e)
un cours supérieur (préparation au certificat d’études primaires).

L’année suivante, la grande salle de l’école de garçons sera divisée en deux salles :

  • l’une pour le C.M.1 et le C.S.
  • l’autre pour la classe enfantine et le cours préparatoire.

Quant à la salle qui était destinée à la classe enfantine et au C.P., elle recevra désormais les élèves de Séderon et des communes environnantes qui ont obtenu le Certificat d’Etudes Primaires.

En 1937, le Conseil Municipal demandera même que cette classe soit transformée en Cours Complémentaire pour, notamment, la préparation du Brevet Elémentaire.

Cette deuxième classe de l’école de garçons n’aura qu’une durée très limitée ; elle sera fermée au début de la guerre 1939-1945.

 5. CERTIFICAT D’ETUDES PRIMAIRES

On ne peut terminer ces pages sur l’enseignement primaire élémentaire sans parler de l’ancien Certificat d’Etudes primaires qui fut créé le 28 mars 1922 après avoir été baptisé ainsi par Victor Duruy en 1866. Le règlement du C.E.P. est défini par un Arrêté du 18 janvier 1887, modifié par un Arrêté du 1er février 1924. De nombreuses transformations ont été apportées notamment depuis 1938 jusqu’à sa disparition en 1991.

Destiné à sanctionner la fin des études, les familles étaient très attachées à la réussite de leurs enfants à cet examen qui ouvrait la voie dans les « écoles primaires supérieures », les cours complémentaires, les centres d’apprentissage, les écoles ménagères et dans de nombreuses carrières.

Nous parlerons ici du C.E.P. dans ses premières années, avant les transformations qui s’en suivirent.

Les candidats au C.E.P. devaient avoir atteint l’âge de 12 ans révolus au 1er juillet de l’année où ils se présentaient.

Chaque chef-lieu de canton était le siège d’une commission d’examen nommée par M. l’Inspecteur d’Académie sur la proposition de l’Inspecteur d’Enseignement primaire. Elle comprenait :

  • l’Inspecteur de l’Enseignement Primaire de la circonscription, président,
  • un vice-président choisi parmi les enseignants,
  • des sous-commissions composées chacune de deux membres, dont l’un au moins était un instituteur (ou une institutrice) public chargé d’un cours moyen ou d’un cours supérieur, et dont l’autre était soit un membre ou un ancien membre de l’enseignement public ou privé, soit un délégué cantonal.

Ces sous-commissions étaient constituées de telle manière que les maîtres exerçant dans le canton où avait lieu l’examen ne puissent pas y figurer.

Le C.E.P. était un examen sérieux. Les épreuves étaient examinées chacune par deux membres de la commission d’examen.

Les épreuves de la première série comprenaient :

  1. une rédaction sur un sujet simple (récit, lettre, description, portrait, etc.) ; durée : 50 mn.
  2. une dictée de 10 lignes environ suivie d’au moins 3 questions se rapportant à l’intelligence du texte, au vocabulaire, à l’analyse ; durée : 40 mn.
  3. deux problèmes d’arithmétique pratique et de système métrique avec solution raisonnée ; durée : 50 mn.
  4. des questions portant, au choix de l’Inspecteur d’Académie,
  5. soit sur l’histoire et la géographie,
  6. soit sur les connaissances scientifiques usuelles et leurs applications pour les garçons, à la vie ménagère ou à la puériculture pour les filles, à l’hygiène pour les deux sexes ; durée : 40 mn.
  7. un exercice simple de dessin ou un exercice de travail manuel (couture usuelle pour les filles) ; durée : 50 mn.
  8. la dictée servait d’épreuve d’écriture courante.

Les épreuves de la deuxième série, qui étaient publiques, comprenaient :

  • un exercice de lecture expressive suivi de questions simples relatives à l’intelligence du texte ;
  • la récitation d’un texte choisi sur une liste d’au moins six morceaux copiés et présentés par le candidat (ou l’exécution d’un chant choisi sur une liste d’au moins trois morceaux) ;
  • un exercice de calcul mental ;
  • un exercice très simple d’éducation physique.

(durée pour chaque épreuve : 20 à 25 mn).

La note « zéro » était éliminatoire, d’où la difficulté majeure de la dictée, 5 fautes entraînant un zéro.

N’étaient définitivement admis que les candidats qui, n’ayant pas eu de note éliminatoire, avaient obtenu la moyenne pour l’ensemble des épreuves (moyenne 7 = mention bien ; moyenne 8 = mention très bien).

 6. QUELQUES DATES IMPORTANTES
RELATIVES
A L’INSTRUCTION PRIMAIRE

29 janvier 1816 : ordonnance portant sur l’instruction primaire : création du brevet de capacité.

28 juin 1823 : loi Guizot rénovant l’instruction primaire.

4 janvier 1828 : l’Instruction publique devient un ministère à part entière.

15 mars 1850 : loi Falloux, favorable à l’enseignement congréganiste.

29 août 1862 : le Conseil général du département de la Drôme vote la création d’une Ecole Normale d’Instituteurs dans la ville de Valence.

1866 : fondation de la Ligue Française de l’Enseignement par Jean Macé.

10 avril 1867 : loi Duruy sur l’enseignement primaire.

9 août 1879 : loi Paul Bert sur la création des écoles normales d’institutrices.

16 juin 1881 : loi Ferry instaurant la gratuité de l’école primaire publique.

28 mars 1882 : loi Ferry instaurant l’obligation de l’enseignement élémentaire et la laïcisation des programmes des écoles publiques.

28 mars 1882 : création du Certificat d’Etudes Primaires.

19 juillet 1889 : les maîtres des écoles publiques deviennent fonctionnaires de l’Etat.

1er septembre 1933 : création d’un examen d’entrée en sixième.

1934 : le Ministère de l’Instruction Publique est rebaptisé Ministère de l’Education Nationale.

9 août 1936 : l’obligation scolaire est portée 13 à 14 ans.

20 septembre 1938 : organisation des classes de fin d’études primaires.

6 janvier 1959 : réforme Berthoin : l’obligation scolaire est portée à 16 ans ; création de Collèges d’Enseignement Général (C.E.G.).

7 août 1969 : réforme de l’organisation pédagogique des écoles primaires ; mise en œuvre des « disciplines d’éveil ».

2 janvier 1970 : introduction des mathématiques modernes à l’école primaire.

4 décembre 1970 : instructions sur l’enseignement primaire valorisant l’expression orale.

1991 : suppression des anciennes Ecoles Normales et ouverture des Instituts Universitaires de Formation des Maîtres (I.U.F.M.), chargés de la formation des Instituteurs (professeurs des écoles) et des professeurs du secondaire.
Disparition du Certificat d’Etudes Primaires.

Pendant trente années environ, les mêmes institutrices et instituteurs ont enseigné dans ce groupe scolaire et gardent dans leur cœur le souvenir des quelque quatre cent cinquante élèves qui ont fréquenté leurs classes et acquis des valeurs qu’ils ont gardées au-delà de leur scolarité dans leurs diverses activités : tolérance, amour du travail bien fait, respect de la vie…

De nombreux changements se sont produits dans l’amélioration des locaux scolaires, du matériel d’enseignement, dans l’organisation des programmes et des congés. L’examen du Certificat d’Etudes primaires, crée le 28 mars 1882, a été supprimé en 1991. Le congé du jeudi a été remplacé par celui du mercredi ; Les classes vaquent le samedi après-midi.

D’autres maîtresses et maîtres ont remplacé les premiers nommés dans notre groupe scolaire et ont continué et continuent à instruire les enfants avec tout leur amour et leur enthousiasme.

René DELHOMME
Séderon 1993

 

 

 7. RELEVE DU REGISTRE MATRICULE DE L’ECOLE DE FILLES

Nom et PrénomsDate et lieu de naissanceDate de la nomination à Séderonstatut
BIANCHI Elisabeth
en religion Sœur Aglaé
1er mai 1843
Gap
15 octobre 1885 titulaire
MILLOUD Marie-Louise 25 mai 1866
Hauterives
23 octobre 1891 stagiaire
titulaire
MARIE Marie-Louise 22 août 1866
Saint Maurice
27 septembre 1894 stagiaire
titulaire
LANGLADE Estelle Marie 7 juin 1891
Grau du Roi (Gard)
1er octobre 1925 titulaire
JOURDAN Marthe
née BONNET
10/02/1907
Derbières (Savasse)
21 décembre 1927 titulaire
LAURENT Yvette 31 décembre
1913 Valence
1er janvier 1934 titulaire
(C. S.)
GIGAREL Jeanne 1er octobre 1915
Cavaillon
1er octobre 1936 stagiaire
titulaire
DELHOMME Maria
née EYMARD
20 septembre 1913
Autichamp
1er octobre 1937 titulaire
SERRE Marie-Thérèse
née GLEIZE
19 décembre 1941
Les Pilles
17 septembre 1965 titulaire

 

 8. RELEVE DU REGISTRE MATRICULE DE
L’ECOLE DE GARCONS

Nom et PrénomsDate et lieu de naissanceDate de la nomination à Séderonstatut
BONNEFOY Joseph Désiré 3 février 1860 Barret-de-Lioure 4 septembre 1889 titulaire
CURNIER Antoine Paul Emile 8 mai 1853 Séderon 24 septembre 1890 titulaire
MONQUET Henri Ferdinand 7 février 1888 La Roche-sur-le-Buis 24-juil-09 stagiaire
ROMAN Jérôme Jean Victor 30 septembre 1882 Buis-les-Baronnies 1er octobre 1911 titulaire
JULLIEN Henri Auguste 9 avril 1890 Buis-les-Baronnies 1er octobre 1919 titulaire
GABAYET Emile Lucien 05/02/1909 Saint Jean-en-Royans 1er octobre 1928 stagiaire titulaire
PERIN Michel 26/04/1911 St Germainmont (Ardennes) 1er octobre 1930 stagiaire titulaire
CHEVALLET Louis 16/06/1912 Villebois-les-Pins 04-avr-32 stagiaire
DELHOMME René 21/09/1910 Séderon 10-oct-32 titulaire
POIZE Marcel 14/08/1914 Montboucher-sur-Jabron 1er octobre 1937 stagiaire (C. S.)
MORIN 1er octobre 1938 stagiaire (C. S.)
CADE Joseph Antoine 31/03/1921 Mulhouse (Haut-Rhin) 23-sept-40 stagiaire en remplacement pendant la guerre
RIGAUD Roger Henri 06/07/1920 Le Teil (Ardèche) 07-nov-41 titulaire remplacement pendant la guerre
MISLER André 23/05/1920 Marseille 1er octobre 1942 titulaire remplacement pendant la guerre
SABATIER Edmond 27/06/1919 Beaumont-Monteux 26-mars-43 stagiaire remplacement pendant la guerre
SERRE Robert 18/05/1940 Valence 17-sept-65 titulaire

 

 9. ECOLES DU CANTON DE SEDERON
VERS 1900

CommunesEcolesClasses
1 Aulan 1 1
2 Ballons 1 1
3 Barret-de-Lioure 1 1
4 Eygalayes 1 1
5 Ferrassières 1 1
Ferrassières-de-Barret 1 1
6 Izon-la-Bruisse 1 1
7 Laborel 1 1
8 Lachau 2 2
9 Mévouillon Gresse 1 1
Mévouillon La Farette 1 1
Mévouillon Pelleret 1 1
10 Montauban La Combe 1 1
Montauban Ruissas 1 1
11 Montbrun-les-Bains 1 2
Vergol-de-Montbrun 1 1
12 Montfroc Village 1 1
Montfroc Les Anières 1 1
13 Montguers 1 1
14 Reilhanette 1 1
15 Séderon 2 2
16 Vers-sur-Méouge 1 1
17 Villebois-les-Pins 1 1
18 Villefranche-le-Château 1 1

 

 10. REFERENCES

  • L’instruction primaire avant 1789 dans l’arrondissement de Nyons, par F.J. FONTANILLE (Imprimerie de Jules Céas et fils, Valence. 1883)
  • Notes historiques sur les écoles de la Drôme avant 1790. Bulletin de l’Instruction Publique de 1882, par A. LACROIX, archiviste.
  • Archives communales de Séderon : registres des délibérations.
  • Histoire de France, par SIEURIN et C. CHABERT, professeurs d’Ecole Primaire Supérieure.
  • Histoire populaire de la France, par Georges DURUY, agrégé de l’Université.
  • Bulletin n°8 des Amis du Buis et des Baronnies, article de A. BUIX, page 299.
  • Etude Drômoises (numéro spécial de mars 1989) de l’Association Universitaire d’Etudes Drômoises.
  • La Drôme, par Jean COSTE.
  • La France à l’école, par Yves GAULUPEAU.(extraits).
  • Livre d’histoire, par OZOUF et LETERRIER, inspecteurs de l’Enseignement Primaire.
Notes :

[1R.P.R. : religion prétendue réformée.] de les envoyer aux écoles établies dans toutes les paroisses et aux catéchismes jusqu’à l’âge de 14 ans. »

(Article 10 de la déclaration du roi du 13 décembre 1698).

« Dans de nombreuses communes les écoles étaient entièrement gratuites ; dans d’autres au contraire, seuls les pauvres bénéficiaient de la gratuité ; cela dépendait de la richesse des communes, de la générosité des consuls et de l’exigence des maîtres. »

Tous les enfants pauvres de Lachau sont admis « gratuitement » à l’école en 1636.

Une délibération prise en 1748 par le Conseil général de Barret-de-Lioure et acceptant le sieur Joseph Reynier comme précepteur dit qu’il « ne doit rien faire payer aux enfants ».

Certains pères de famille du département ont été condamnés à l’amende pour n’avoir pas envoyé leurs enfants « aux écoles et au catéchisme ».

— Maisons d’école —

Dans les villages et même dans les bourgs, les communautés disposaient rarement d’un local spécialisé. Cependant, depuis le XVIème siècle, plusieurs communes avaient leur « maison d’école ».

Laborel en 1738 en avait une, mais sans doute une vieille masure.

En 1640, à Eygalayes, le loyer de la maison d’école, à la charge de la municipalité, était de 12 livres par an ; il n’était plus que de 9 livres en 1647.

Pendant longtemps, l’école – utilisant un local d’emprunt – se réduisait à une pièces sans dépendances louée dans une maison particulière et qui servait à la fois d’école et de logement au maître. Parfois, l’école se tenait dans la « maison commune » si elle existait ou dans la « maison des pauvres » servant en même temps d’asile et d’hôpital. Ce fut le cas pour Séderon qui possédait à la Bourgade un asile de pauvres : « l’Hôpital ». De fin septembre à début juillet de l’année suivante (10 mois), l’hôpital abritait la salle d’école.

Ce n’est qu’entre les années 1880 et 1910 qu’on assiste, dans la Drôme, à une grande vague de constructions scolaires.

— Ecoles de filles —

« Le Parlement, par arrêts du 19 mai 1628 et du 7 février 1654 [[Jurisprudence canonique par Guy du Rousseau et La Combe, Paris chez Guérin et La Tour, 1745.

[2Ordonnances synodales de Monseigneur de Cosnac, Evêque de Die, 1706.

[3Peyreret : actuellement Pelleret

[4Invent. somm. des archives départem., E. 5231, 5232.

[5Idem, E. 3060, 3062, 3003, 3065, 3067, 3069, 3070.

[6Invent. somm., E. 3042 à E. 3089.

[7Invent. somm., E. 3042 à E. 3089.

[8Invent. somm., E. 3112, 3113, 3115.

[9Invent. somm., E. 3120, 3126, 3127, 3131, 3132, 3158.

[10Invent. somm., E. 3120, 3126, 3127, 3129, 3131, 2132, 3135, 3136, 3138, 3139, 3140.

[11Invent. somm., E. 3152 à 3154, 3163, 3166, 3168, 3170 à 3172, 3174, 3176, 3178, 3179, 3135, 3138 à 3140, 3120, 3126 ; 3127, 3129, 3131, 3136.

[12Gresse : chef-lieu de commune

[13Pereyret : actuellement Pelleret

[14Invent. somm., E. 3191, 3212, 3214, 3216 à 3219, 3221 à 3228, 3230, 3232.

[15Invent. somm., E. 3270, 3273, 3274, 3276, 3283, 3287 à 3289, 3669.

[16Archives communales, BB. 1, 2, 3, 4.

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