Au mois de juillet dernier, nous avons reçu ce message de notre ami et adhérent Jean-Claude Rixte qui nous disait :
À la réception du bulletin, j’ai une fois encore été arrêté par l’exergue
Entre la Toure e lou Crapoun
Ia moun païs, qu’ei Sederoun.
qui m’a toujours surpris par son incorrection (ou sa lourdeur) syntaxique et j’ai voulu, cette fois, en avoir le coeur net.
Les deux vers sont cités dans la volume II du recueil Alfred Bonnefoy-Debaïs, Publication de L’Essaillon, 2016, p.109, et comme je suis à l’origine de la transcription du texte original, il me fallait tirer la chose au clair et voir dans quelle mesure mon sentiment de malaise à la lecture de cet exergue était fondé.
J’ai donc cherché (et retrouvé) la photographie que j’avais prise à l’époque du document original et je la joins à l’appui de mon présent message. Et à sa relecture j’ai découvert le pot aux roses (si j’ose la métaphore), à savoir que j’avais commis une erreur de lecture lors de la transcription et qu’il faut lire, malgré les apparences, non pas "Ia moun païs, qu’ei Sederoun" mais "I a moun païs, qu’ei Sederoun", c’est-à-dire dans la langue nationale "Il y a mon pays, qui est Séderon", et non pas "Là mon pays…"
La confusion est facile puisque les deux lettres "I" et "a" sont accolées, mais la comparaison avec le "L" majuscule du titre ou celui en tête de la ligne 10 ("Long") permet de lever toute ambiguïté et aucun doute n’est plus possible.
… Je vous laisse juge de l’opportunité de modifier l’exergue en question.
Avec mes amitiés,Jean-Claude Rixte
Quelques heures plus tard, J.C. Rixte ajoutait :
L’esprit de l’escalier : en fait je n’avais pas fait d’erreur de lecture, car à y regarder de plus près mon texte page 109 dans le livre donne bien Ia, c’est-à-dire i majuscule suivi de a avec les deux lettres accolées, comme dans le manuscrit, et non pas l (L minuscule) suivi de a accolé.
Mais manifestement lors de la copie de ces deux vers pour en faire l’exergue, le rédacteur du bulletin a confondu à la lecture I (= i majuscule) et l ( = L minuscule)...
Bref, je crois que pour lever l’ambiguïté il vaut mieux écrire i majuscule suivi de a séparé.
À quoi notre rédacteur en chef répondait :
En fait, ce qui trompe, c’est la police de caractère qui utilise la même graphie pour le i majuscule et le L minuscule.
Je vais simplement ajouter une espace entre le i et le a. Ce sera plus simple.
Tout est rentré dans l’ordre. Vous pouvez vérifier, sur la couverture il est désormais écrit :
Entre la Toure e lou Crapoun
I a moun païs, qu’ei Sederoun.
Une modification qui peut paraître minime, mais qui apporte du sens à notre « devise ».
Ces deux vers sont les premiers de la rebiera de moun pais, un poème daté du 7 mai 1890 qu’Alfred Bonnefoy-Debaïs joignit à une lettre envoyée à Frédéric Mistral.
Le document original est conservé dans les Archives du Musée Mistral à Maillane, sous la référence 32,28. On constate que le manuscrit n’est pas de la main de Bonnefoy-Debaïs. Notre félibre de Séderon avait, comme il l’avouait lui-même, une écriture de chat, et il en avait fait faire une copie mieux lisible.
