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L’Essaillon
« Entre la Tourre et lou Crapoun,
I a moun païs, qu’ei Sederoun »
Alfred Bonnefoy-Debaïs

Etudier, préserver et faire connaître le Patrimoine Historique, Naturel et Culturel de Séderon et de sa Région

La vie quotidienne en 1800
sur le domaine de Gueisset
Article mis en ligne le 11 janvier 2022
dernière modification le 29 juillet 2026

par MATHONNET Pierre

En 1800, Joseph Dumont (48 ans), héritier d’une des plus vieilles familles séderonnaises, vit avec sa seconde femme Thérèse Conil (39 ans), sa fille Marianne (14 ans), son fils Pierre-Joseph (12 ans) et sa fille Rose (7 ans) sur le domaine de Gueisset, berceau de cette famille. Sa première femme Madeleine Jourdan est décédée en 1782 à l’âge de 22 ans, avec elle il a eu une fille Françoise mariée en 1797 avec Antoine Cassan, cultivateur de Ferrassières de Montbrun.

Joseph Dumont et Thérèse Conil savent écrire mais leurs enfants ne vont pas à l’école (ils ne sauront pas signer au bas de leur acte de mariage). Thérèse Conil est pourtant la fille de Baudille Conil qui a été régent des escoles de Séderon pendant 20 années entre 1743 et 1788.

Joseph Dumont décède le 21 juin 1801 alors que la récolte du domaine est pendante par les racines et que sa femme Thérèse Conil accouchera 8 mois et 17 jours plus tard d’une fille décédée au même instant de sa naissance. Le domaine de Gueisset est alors partagé entre ses 4 enfants. Les actes notariés concernant l’inventaire de sa succession (en date du 2 avril 1802), le partage de ses immeubles (en date du 11 avril 1802) et le partage de son mobilier (en date du 6 mars 1804) permettent de reconstituer la vie quotidienne sur le domaine de Gueisset.

Le domaine de Gueisset s’étend sur une superficie d’environ 38 hectares et comprend :

  • 36,5 hectares de terres labourables (terres de la bastide à Gueisset, terre de la demoiselle à Chansarye, terre de la Girardière et terre des Lébrières à la Gourre, terre du nais au vallon de Saint Baudille, terre de la Lauze, terre de Gaudon et terre du Jas à Négron)
  • 1,5 hectares de prés (pré de la bastide à Gueisset, pré du Roux à Fontcolombe, pré de la Girardière et pré des Lébrières à la Gourre, pré du nais au vallon de Saint Baudille).
    La plupart des terres du domaine se trouvent en bordure du grand chemin qui, de Séderon par le hameau de la Gourre, constitue une voie d’accès importante vers les Omergues et la vallée du Jabron et vers le col du Négron et le plateau d’Albion.

La bastide du domaine se situe sur le flanc d’une colline, le long du chemin qui conduit à la tour de Gueisset, à 100 m à l’Est du hameau de la Gourre, elle se compose :

  • d’un bâtiment principal occupant une surface au sol de 135 m² (écurie pour les bœufs et écurie pour les moutons au rez-de-chaussée  ; cuisine, chambre, grenier à foin sur chaque écurie au premier étage  ; galetas au dernier étage),
  • d’un escalier et d’un perron donnant accès à la cuisine,
  • d’une loge à cochon contre le perron, avec un petit grenier à foin en dessus,
  • d’un four dans un petit bâtiment de 13 m²,
  • d’une basse-cour fermée par un mur, avec un portail accès à partir du chemin de Gueisset.
    Une fontaine est aménagée dans la cour de la bastide, indiquant sans doute que la bastide a été construite contre une source captée à flanc de colline. Dans le mobilier de la bastide figurent un broc de cuivre et un broc de bois pour apporter l’eau à la maison et une casse (louche en cuivre) pour se servir. Une porte percée dans le mur entre le four et la fontaine donne accès à un jardin de 170 m², mis à l’arrosage à l’aide d’un bassin où se déverse le trop plein de la fontaine.

La bastide est actuellement en ruines, ne subsistent que son emplacement creusé à flanc de colline et le pan du mur Sud du four. Un épais bosquet de buis marque l’endroit de la fontaine. Une reconstitution du plan de la bastide est donnée sur la figure suivante (sur ce plan est représenté l’agencement intérieur du premier étage de la bastide ainsi que l’aire de 460 m² située à son entrée). Le chemin qui conduit à la tour de Gueisset longe l’arrière de la bastide, à la hauteur de son premier étage, et permet un accès direct aux greniers à foin des écuries.

Dans les écuries de la bastide se trouvent une paire de bœufs, un mulet, un troupeau de 53 moutons et six chèvres. Dans lengard, constitué par le dessous du perron, est aménagé un poulailler où se trouvent huit poules et un coq.

Les terres labourables ne sont mises en culture qu’une année sur deux pour ne pas les épuiser trop rapidement. Pendant l’année de repos, elles sont laissées en pâture et peuvent ainsi être partiellement fertilisées par l’engrais animal ou sont plantées de légumes secs. La terre constituant le sol des écuries est au printemps utilisée comme engrais. Dans le matériel agricole de la bastide figurent deux petites roues et un tombereau qui permettent de transporter et basculer cet engrais sur les terres.

1 - cuisine2 - chambre et cabinet3 - grenier à foin des moutons{{}}4 - grenier à foin des bœufs 5 - four{{}}6 - fontaine7 - loge à cochon et grenier à foin{{}}8 - escalier et perron 9 - bassin10 - jardin11 - basse-cour {{}}12 - aire

Le mois de mars est le mois des semailles, les moissons se font de la fin juin à la mi-juillet. Il est fait appel à de la main d’œuvre saisonnière (agriculteurs séderonnais qui n’ont pas assez de terres pour vivre uniquement de leur revenu) pour les moissons et les foulaisons. Les moissons se font à la faucille et les foulaisons (foulage, vannage et triage du blé) se font sur l’aire. Sur cet espace de terre aplanie, les gerbes de blé sont égrainées par le piétinement du mulet tournant en rond puis le vannage et le triage sont effectués manuellement à l’aide du ventari (panier plat en osier qui permet de faire sauter les épis foulés dans le courant d’air ainsi créé) et du tarcié (tamis à maille fine).

La paire de bœufs est principalement utilisée pour les labours et dans leur écurie se trouvent leur jonc têtier (joug en bois) attaché à leurs cornes avec une courroye (bande de cuir) et deux araires qu’ils peuvent alors tirer à l’aide de leur chaîne.

Les araires sont adaptées à l’assolement biennal et aux terrains pierreux et peu profonds des régions montagneuses. Elles sont en bois et de fabrication domestique, ce qui permet au laboureur de disposer d’un outil à sa main. Elles se composent :

  • d’une pièce en bois en forme de S dont la partie haute sert de manche (permettant au laboureur de guider l’araire) et la partie basse de sep sur lequel s’emboîte le ferrement (soc métallique),
  • d’une cambette (timon en bois) bloquée perpendiculairement à l’aide d’une souchaye (coin en bois) dans une mortaise pratiquée sur le bas du manche et sur laquelle vient se fixer la chaîne du joug,
  • d’une tendille (tirant métallique) permettant de régler l’angle entre le timon et le sep.
    Les prés de la bastide fournissent le foin nécessaire à la nourriture des animaux de la bastide. La récolte se fait à la fin du printemps et, à la fin juillet, le second foin est coupé.

Deux prés du domaine sont mis à l’arrosage : le pré de la bastide à l’aide du bassin de la bastide et le pré du roux à l’aide du canal d’arrosage du vallon de Saint Baudille. Un troisième pré, le pré du nais situé au bas du quartier du Bosquet, est réservé à la culture du chanvre, il est aussi mis à l’arrosage et comporte un nais, bassin où les tiges de chanvre cueillies à la floraison sont mises à macérer pendant l’automne pour faciliter le dégagement des fibres

Le bargon (broyeur de chanvre) et les trois drayes (peignes à chanvre manuels) qui sont dans la bastide sont utilisés pour les opérations suivantes de traitement du chanvre au cours de l’hiver. Le bargon se présente sous la forme d’une mâchoire constituée de deux barres de bois parallèles fixes entre lesquelles vient s’insérer une troisième barre mobile montée sur charnière. Le bargon est utilisé en position horizontale. Les tiges de chanvre, placées sur les barres inférieures, sont broyées par le va-et-vient vertical de la barre supérieure. Après ce broyage qui brise le bois des tiges, les drayes sont utilisées pour peigner les tiges de chanvre afin de les débarrasser des restes de bois et les diviser en fibres qui seront vendues en l’état (pour cette opération de peignage, il est également fait appel à de la main d’œuvre saisonnière).

Le mulet est principalement utilisé pour le transport des fardeaux et dans son écurie se trouvent son bât, ses beignes (échelettes en bois pour transporter les gerbes, le foin et les fagots), sa bonde (grand panier de paille pour transporter les grains) et leurs cordages.

En 1800 le troupeau, élevé pour la viande et la laine des moutons et le lait des chèvres, se compose de trois béliers, neuf moutons châtrés, vingt-quatre brebis, dix-sept anouges (agneaux de l’année) et six chèvres. Le troupeau est conduit sur les pâtures du domaine pour s’y nourrir. Sur les pâtures de la terre du jas, dans la combe du col au quartier de Négron, il peut rester plusieurs jours en s’abritant dans le jas (bergerie) qui y est construit. Les moutons sont tondus en mars / avril, juste avant la foire de Séderon du 3 mai spécialisée dans le commerce de la laine produite par l’élevage ovin local. Des fourcis (ciseaux pour tondre) sont accrochés dans l’écurie des moutons. Le lait des chèvres est utilisé pour la fabrication de fromages. Une seille (tabouret pour traire) est entreposée dans l’écurie des moutons et huit feyselles (moule percé pour égoutter le caillé) font partie des ustensiles en terre cuite de la cuisine.

Au tout début du mois d’avril, le cochon qui se trouve dans la loge à cochon, est qualifié de petit. Comme c’est la tradition, il a donc été acheté au printemps et sera nourri jusqu’à la Noël pour donner la provision annuelle de salaisons. Parmi les ustensiles de la cuisine figure un cornu (cruche munie de deux poignées en forme de cornes) pour donner à manger au cochon.

Sous la bastide se trouve un rucher constitué de 7 ruches à miel faites de vieux troncs de chêne évidés où le miel est récupéré tous les 5 ans en tuant les abeilles.

Les outils agricoles sont entreposés dans les écuries : deux fourches en fer, une fourche en bois, une pioche, un taille-pred (outil à double tranchant), une hache, un lichet (bêche), une eyssade (houe), un râteau, une faux. Certains autres le sont dans la cuisine : trois faucilles pour les blés, deux faucilles pour les aspics, les ciseaux pour tondre, six ventaris et six tarsiés.

Les faucilles pour les aspics sont utilisées pour la cueillette des fleurs de lavande sauvage (aspic) sur les terres du domaine où les touffes de cette plante (bayasses) poussent en abondance (ces terres, situées au sommet du quartier des Adrets de Font Bessonne, portent le nom de Grandes Bayassières). Les fleurs de lavande sont apportées à certains apothicaires de la région qui les distillent pour en extraire l’huile essentielle.

Dans les écuries se trouvent aussi les ustensiles utilisés pour l’alimentation en sel du bétail : une grosse jarre pour stocker le sel, une gorge (sorte de gouttière) pour donner du sel au troupeau, deux salières (cornes de bovin servant de réserve de sel au berger).

Les revenus nets annuels de Joseph Dumont le classent parmi les familles aisées de Séderon (Joseph Dumont fait partie des notables des premières municipalités de Séderon élues à la Révolution, il est classé onzième sur la liste des trente plus forts contribuables établie au début du Consulat). Ces revenus s’élèvent à 719 francs et le soumettent à un impôt de 92 francs. Sous l’Ancien Régime, Joseph Dumont était qualifié de ménager, terme qui en Provence désignait les agriculteurs possédant suffisamment de terres pour faire vivre leur famille de leur revenu en les travaillant eux-mêmes.

Les revenus bruts annuels de Joseph Dumont s’élèvent à 1 040 francs et se décomposent en :

  • 600 francs, prix estimatif de la récolte de 1 536 kg de blé froment (non compris le prélèvement de 1 152 kg pour les semailles),
  • 23 francs, prix estimatif de la récolte de 416 kg d’avoine (non compris le prélèvement de 160 kg pour les semailles),
  • 24 francs, prix estimatif de la récolte de 128 kg de jaisse (plante annuelle qui fournit le légume sec alimentaire appelé gesse),
  • 35 francs pour la vente de 28 kg de chanvre,
  • 172 francs pour la vente de viande de mouton,
  • 96 francs pour la vente de la laine des moutons,
  • 90 francs pour la vente de foin (ce surplus de foin provient de la mise en arrosage du pré de la bastide et du pré du roux).
    Les frais annuels d’exploitation du domaine s’élèvent à 321 francs et se décomposent en :
  • 48 francs pour les frais d’entretien (maréchal, maçons, cordonnier),
  • 111 francs pour la main d’œuvre saisonnière (moissons, foulaisons, peignage du chanvre),
  • 162 francs pour les gages du domestique qui vit à l’année sur le domaine.
    Dans la bastide, la cuisine et la chambre sont les seules pièces d’habitation. Ce sont les seules pièces que chauffe la cheminée. Étant situées au-dessus d’une des écuries, elles peuvent en outre bénéficier de la chaleur animale en hiver. Le galetas situé en dessus joue le rôle d’isolant thermique.

La cheminée est l’élément principal de la cuisine, elle sert au chauffage mais aussi à la cuisson des aliments. À son niveau sont donc rassemblés divers ustensiles : une paire de soufflets, deux chenets en fer, une pelle, des pinces, deux crémaillères, une poele à frire, 2 pots en fonte pour la soupe, un couvre-pot en fer blanc, 2 chaudrons. Le bois de chauffage est entreposé dans la basse-cour.

Deux ustensiles permettent de transporter la chaleur de la cheminée :

  • une bassinoire classique que les habitants remplissent de braises et promènent sous les draps pour les réchauffer avant de se coucher,
  • une eschoufette (chaufferette), boite métallique au couvercle perforé dans laquelle les femmes mettent des braises et sur laquelle elles posent les pieds pour se réchauffer.
    Des ustensiles d’éclairage sont posés sur la cheminée pour pouvoir être facilement allumés : un chandelier d’étain, 2 lampes en fer et des chambrières (bougeoirs).

Le mobilier de la cuisine est sommaire : une table et huit chaises, un coffre et une caisse en bois, deux maires à pétrir (pétrins), un lit d’alcove, un esculier (meuble à étagères servant à ranger la vaisselle) et un berceau.

Les parents couchent dans la cuisine et les enfants dans la chambre où sont installés deux lits d’alcove. Comme la cuisine, la chambre donne sur la cour et est exposée au Sud. Un petit local, appelé cabinet, est aménagé dans le fond de la chambre.

Chaque lit d’alcove est constitué d’un bois de lit garni sur le bas d’un tour de lit en demi-laine, de rideaux en toile fixés au plafond qui le ferment sur trois cotés et de deux rideaux mobiles sur le quatrième coté. Le couchage de chaque lit se compose de deux paillasses, de trois draps et d’une couverture de laine.

Le coffre en bois fermant à clef contient les vêtements des habitants, des sacs, des serviettes et une besace. Le berceau, utilisé quand les enfants de la famille étaient en bas âge, contient deux couvertures, une en drap bleu et une en mousseline pour baptiser.

La caisse en bois contient divers outils qui permettent aux hommes de la bastide de fabriquer ou réparer le matériel agricole : une eyssette (herminette), une taravelle (tarière), un eysaupre (ciseau à bois), un marteau, des tenailles. deux scies, une lime.

Sur les étagères de l’esculier sont rangés deux douzaines d’assiettes, huit écuelles, une douzaine de cuillères d’étain, quatre pots, six plats de terre, une cuillère en fer et une en bois, deux flacons, une bouteille en fer blanc pour l’huile et trois gus (cruches en étain).

C’est la maîtresse de maison qui fabrique le pain. Elle pétrit dans une des maires la quantité de pâtons qu’elle peut porter au four à l’aide de deux tables (longues planches munies de rebords) et faire cuire à l’aide des instruments nécessaires pour enfourner et défourner. L’autre maire est qualifiée de mauvaise et ne sert qu’au stockage des pains, en attente d’une prochaine fournée (le four n’est allumé que quand le pain devient trop dur et un taille-pain est placé à demeure sur la table de la cuisine).

Du vin est consommé à la bastide : deux bouteilles et deux verres en verre et une vinégrière (vinaigrier en terre cuite) font partie de la vaisselle placée sur l’esculier.

Divers ustensiles de la cuisine sont utilisés par les habitants pour le service du sel : une jarre pour le stockage, un pilon en pierre pour le sel et une salière d’étain.

Des instruments de mesure sont disponibles dans la cuisine : une eymine (récipient cylindrique en bois dont le volume intérieur garantit une quantité de grains de blé pesant 16 kg), un petit poid appelé briquet (petite balance romaine pouvant peser jusqu’à 5 kg) et un poid appelé romane qui tire 270 livres (balance romaine pouvant peser jusqu’à 100 kg).

Le cabinet attenant à la chambre constitue une réserve pour les aliments et les semences. La farine est conservée dans des sacs en toile, le blé dans des bondes, les légumes secs dans des paniers en osier. Se trouvent également dans le cabinet deux urnes en terre contenant le chacune six livres d’huile (2,4 kg).

Le 24 avril 1803, Marianne Dumont épouse Jullien Cassan, cultivateur de Ferrassières de Montbrun. Les mariés sont cousins germains (la mère de Jullien Cassan est la sœur de Joseph Dumont) mais aucune dispense n’a été nécessaire puisque depuis la Révolution le mariage est civil et ne doit plus respecter les règles de l’Église. Dès lors le nouveau couple partage la bastide de Gueisset avec Thérèse Conil et ses plus jeunes enfants.

Le 6 juillet 1807, Pierre Joseph Dumont étant à la veille de partir pour les armées de sa majesté l’empereur et roi, dicte son testament au notaire de Séderon Antoine Reynaud Lacroze dans lequel il lègue à sa mère la totalité des biens qu’il a hérités de son père, pour preuve de sa tendresse filiale, et le même jour il afferme ces biens à son beau-frère Jullien Cassan pour 6 ans (le bail sera résilié s’il revient de l’armée entre temps). Le 22 octobre 1810, étant voltigeur dans le 67ᵉ régiment d’infanterie de ligne et en permission dans ses foyers, il dicte un nouveau testament en faveur de sa mère et lui donne procuration de faire valoir ses immeubles ou de les affermer à qui bon lui semblera (le bail avec son beau-frère est annulé puisqu’il est revenu à Séderon). Entré à l’hôpital le 20 mars 1814, il termine sa carrière militaire à l’occasion de la réorganisation de l’armée lors de la Première Restauration et rentre à Séderon pour fonder une famille en épousant dès le 21 juillet 1814 Madeleine Jullien, propriétaire de la grange du Manens où il sera recensé en 1836 comme cultivateur (il recevra la médaille de Saint Hélène, comme 9 autres soldats séderonnais revenus vivants dans leurs foyers).

Le 23 février 1808, Rose Dumont épouse Jacques Déthes, cultivateur à Fressinières. L’âge précis de la mariée est indiqué dans l’acte de mariage, il a fait l’objet d’un acte de notoriété, établi le 5 février par le juge de paix du canton et homologué le 12 février par le tribunal de Nyons, car le Code Civil qu’a promulgué Napoléon Premier a fait passer l’âge légal de mariage de 13 à 15 ans pour les filles.

Thérèse Conil décèdera le 30 septembre 1826, Marianne Dumont le 15 janvier 1858, Rose Dumont le 21 novembre 1862 et Pierre Joseph Dumont le 7 avril 1868.

Les descendants de Jullien Cassan exploiteront sa part du domaine de Gueisset dans les années suivantes et la bastide du domaine ne sera plus connue jusqu’à une époque récente que comme maison Cassan.

Pierre MATHONNET
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